À l’aube d’une nouvelle année…

janvier 2006

Je voudrais tout d’abord dire merci à mes frères prêtres :

• Je vous remercie d’être par votre sacerdoce et votre ministère au cœur de notre Église, présence et rayonnement du Christ au milieu des hommes.

• Je vous remercie d’accomplir en communion avec moi le ministère de la Parole, de la sanctification et du gouvernement du Peuple de Dieu qui nous est confié.

• Je vous remercie d’autant plus que ce ministère, vous l’accomplissez dans l’humble quotidien de vos vies, souvent de manière cachée et parfois sans même en percevoir le fruit.

• Je sais le mal que vous vous donnez à l’occasion des préparations au baptême. Vous portez le souci d’évangéliser les parents et les familles. Vous avez le désir de leur donner l’occasion de vivre une véritable rencontre avec la communauté paroissiale. Vous souhaiteriez aussi que les baptêmes aient une suite et je sais votre souffrance devant les familles que vous ne revoyez plus ensuite.

• Merci pour votre présence rayonnante de charité pastorale auprès des familles en deuil. Les obsèques sont pour vous des lieux d’évangélisation qui permettent aux familles de découvrir la tendresse compatissante de Dieu qui les rejoint au cœur de leur souffrance. Je sais aussi le poids que représente pour vous le nombre important d’obsèques dans beaucoup de paroisses.

• Je vous remercie pour le soin que vous prenez à préparer les fiancés au mariage. Les responsables de la Pastorale familiale qui vous ont visités, ont été touchés par tout le travail que vous accomplissez auprès des fiancés. Avec une patience pleine de charité, alors même qu’ils viennent seulement vous demander la sacralisation d’un moment important de la vie, vous faites tout pour les aider à découvrir la véritable dimension du sacrement de mariage. Vous portez le souci de leur faire découvrir le Christ.

• Je vous dis merci pour le soin que vous apportez à accompagner les enfants en catéchèse. Vous portez avec beaucoup de zèle le souci de la formation des catéchistes. Votre présence auprès des enfants comme des catéchistes est irremplaçable.

• Je vous remercie pour le souci que vous portez de la préparation des enfants et des jeunes aux sacrements. Vous savez combien ils ont du mal à découvrir l’importance de l’eucharistie dans la vie d’un chrétien, mais, je le sais, vous faites tout pour les aider à se préparer à la première communion et à la confirmation dans les meilleures conditions possibles.

• Merci pour tout le travail que vous faites auprès des adolescents pour leur permettre de grandir dans la foi. Je sais combien ce travail est souvent ingrat, mais je sais aussi combien nombre de jeunes vous sont redevables d’être auprès d’eux en ces moments difficiles.

• Je vous remercie également pour votre souci de la formation des adultes. Vous prenez de nombreuses initiatives pour aider les laïcs à approfondir leur foi. Vous en savez l’importance pour aider les baptisés à remplir leur mission au cœur du monde.

• Je tiens à témoigner ma reconnaissance au Chapitre. Dans le contexte actuel de notre Église, il garde un rôle important non seulement au niveau de la prière mais comme mémoire de la vie du diocèse. Il devrait pouvoir aider les communautés qui arrivent dans le diocèse à s’insérer plus concrètement dans la vie diocésaine.

• Je ne peux oublier les prêtres retirés qui continuent à œuvrer pour le service de notre Église par le ministère de la prière, qu’ils en soient remerciés.

• Je pourrais continuer à regarder émerveillé ce qui fait le quotidien de votre vie sacerdotale, mais je m’arrêterai là en vous disant merci au nom du Seigneur pour votre charité pastorale.

Je voudrais remercier également mes frères diacres qui participent, à leur manière, à la charge pastorale de l’évêque tant au niveau de l’enseignement que de la sanctification et du gouvernement :

• Plusieurs travaillent auprès des prêtres dans les paroisses et les secondent sur bien des plans, je les en remercie.

• D’autres accomplissent un ministère plus spécialisé auprès des gitans ou des plus démunis, ou encore auprès des scolaires, qu’ils en soient également remerciés.

• Je voudrais remercier également les épouses des diacres qui acceptent la disponibilité de leur conjoint au service de l’Église comme ministre ordonné.

Dans le ministère sacerdotal ou diaconal, vous êtes les coopérateurs de l’ordre épiscopal. Les curés à un titre particulier partagent avec l’évêque la charge de pasteur dans la paroisse ou le secteur inter paroissial dont ils ont la charge. Je remercie donc tout spécialement les curés qui, en mon nom et sous mon autorité, conduisent le peuple de Dieu sur le chemin de sainteté voulu par Dieu pour nous tous.

Durant l’année 2005, la visite pastorale du doyenné de Cavaillon l’Isle-sur-la-Sorgue m’a permis de rencontrer de nombreux laïcs qui œuvrent au cœur de notre Église diocésaine. Actuellement, je termine la visite pastorale des mouvements et je suis plein d’admiration devant les nombreux mouvements qui sont vivants au cœur de notre Église diocésaine. Je voudrais remercier tous les laïcs qui se dévouent au cœur de notre Église pour être d’authentiques témoins du Christ dans notre monde. Je souhaite que les paroisses perçoivent toujours mieux l’importance des mouvements et les soutiennent.

Il faudrait mentionner également tous ceux et celles qui se dévouent au service des plus pauvres dans les paroisses et dans différents mouvements ou associations, ils rayonnent l’amour du Christ. Je pense également au service des malades et je tiens à remercier tout spécialement les aumôniers et tous ceux et celles qui œuvrent au sein de la pastorale de la santé.

En même temps, je ne peux rester insensible devant le vieillissement de notre presbyterium et devant la crise des vocations dans notre pays, devant des prêtres qui sont à la limite de leurs forces ou d’autres qui me présentent leur démission car l’âge ou la maladie les empêchent de continuer leur mission. Que faire ?

De même, je ne peux rester insensible devant le départ de communautés religieuses qui, faute de relève, doivent quitter le diocèse. Que faire ?

J’ai à cœur de donner une nouvelle impulsion à la vie du diocèse et pour cela :

• En ce qui concerne les prêtres,

o Je ne cesse d’inviter les uns et les autres à prier et à supplier le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson, à prier la Sainte Vierge de nous donner les prêtres dont notre Église a besoin. N’ayons pas peur d’imiter la veuve importune ! Le souci des vocations ne cesse de m’habiter.

o J’ai accueilli dans le diocèse des séminaristes vietnamiens et d’autres que la Providence nous a donné. Je tiens à les remercier de leur disponibilité et du don qu’ils font d’eux-mêmes en acceptant d’aller travailler dans une autre Église que leur Église d’origine. Nous avons à les aider à s’intégrer à la vie de notre diocèse et je compte sur vous tous pour le faire. Le clergé diocésain a toujours su accueillir et intégrer les prêtres venus d’ailleurs.

o Dans la lumière de ce qu’avait demandé le Pape Jean-Paul II et de ce que vient de rappeler le Pape Benoît XVI aux évêques polonais, je n’ai pas eu peur de demander de l’aide à d’autres Églises. Notre diocèse a fourni de nombreux missionnaires. Aujourd’hui, c’est nous qui demandons de l’aide à d’autres Églises, nous n’avons pas à avoir honte de le faire. Nous avons déjà accueilli le Père Paco, deux prêtres envoyés par la Mission polonaise, deux prêtres du Chemin Néo-Catéchuménal envoyés par le Cardinal Ruini de Rome et le Père Apollinaire du Cameroun sans oublier les Pères de la Doctrine Chrétienne, les Oblats, les Franciscains, les MEP. Je tiens à les remercier pour l’aide qu’ils nous apportent tous, chacun avec son charisme propre. Il en a été ainsi tout au long de l’histoire de notre Église. Je ferai prochainement un voyage en Pologne pour demander de l’aide. Je confie ce voyage à votre prière. Nous accueillerons peut-être dans les prochains mois une nouvelle communauté de prêtres, je m’en réjouis, cela fait partie de la vie normale d’une Église : nous avons eu longtemps des jésuites, des dominicains, des chanoines réguliers. Les prêtres religieux sont une grâce pour notre Église.

• Au niveau des communautés de religieuses,

o Plusieurs ont quitté le diocèse depuis trois ans, d’autres sont arrivées et je m’en réjouis. Les communautés de religieuses ont accompli autrefois un travail extraordinaire dans chacune de nos paroisses, je ne peux accepter de les voir partir sans réagir.

o Plusieurs communautés sont arrivées ces dernières années, je les en remercie. Je sais que vous appréciez leur présence rayonnante de charité, que ce soit à Orange, à la Métropole ou dans la banlieue d’Avignon.

o D’autres communautés religieuses devraient arriver prochainement. Mon désir dans un premier temps serait de réimplanter une communauté par doyenné. Quelques jours avant Noël, comme un cadeau du Seigneur, la Mère générale des Sœurs de Saint Paul de Chartres m’a donné son accord pour une fondation dans le doyenné de Pertuis. J’espère arriver à en trouver d’autres.

Surtout n’opposons pas le ministère paroissial classique toujours indispensable et vital pour notre Église à l’apport des communautés nouvellement arrivées dans le diocèse. En fait, les uns et les autres se situent dans la grande tradition de l’Église où séculiers et religieux religieuses oeuvrent ensemble pour la croissance de l’Église, chacun avec son charisme spécifique. N’ayons pas peur, découvrons nos complémentarités pour le service du Corps du Christ. Sachons nous enrichir de nos richesses respectives, elles sont toutes au service de l’Église. L’enjeu est l’évangélisation active, dimension intégrante de notre mission de pasteurs et même de la mission de tous les baptisés.

Je peux même vous dire : n’ayez pas peur de faire appel aux communautés nouvellement arrivées pour un temps fort, un temps de mission. Aidez-les à s’insérer dans notre Église diocésaine, dans notre histoire ; elles le souhaitent et le désirent. En même temps, n’ayons pas peur de nous laisser bousculer par leur dynamisme et leur enthousiasme, nous avons tous à y gagner.

J’ai conscience que mon ministère d’évêque est avant tout un ministère de communion. J’ai conscience également de la difficulté d’une communion authentique aujourd’hui dans notre diocèse, je perçois des tensions, un malaise chez les uns et les autres.

Si pour vous je suis évêque, avec vous je suis un baptisé. À ce titre, je ne peux communier au corps du Christ sans ressentir au plus profond de moi-même l’urgence de la communion avec tous ceux qui sont membres du corps du Christ. La communion avec mes frères, je la puise dans l’eucharistie quotidienne et je suis sûr que je ne peux que m’enrichir en m’ouvrant à une communion authentique avec tous mes frères même si nous sommes très différents les uns des autres ; nos différences sont richesses pour l’Église et je m’en réjouis.

Si je n’avais qu’un seul vœu à formuler à l’aube de cette nouvelle année, ce serait de demander au Seigneur qu’il nous fasse le don de cette communion dans l’amour sans laquelle notre Église ne pourra grandir et se développer. Puissions-nous aller puiser cette communion dans l’amour à sa source véritable, au pied de la Croix, dans l’eucharistie et la prière, en laissant les torrents de l’amour divin jaillir du cœur du Christ pour nous féconder et nous donner la Vie.

Bonne année à tous !

+ Mgr Jean-Pierre CATTENOZ
Janvier 2006