Ah ! Si tu déchirais les cieux et si tu descendais

1er décembre 2008

Mot de l’évêque - Eglise d’Avignon n°44 - Décembre 2008

Tout a commencé par une chute brutale des cours de la
bourse, puis toute l’économie en a été perturbée, toutes
les prévisions ont été revues à la baisse, la récession
est à nos portes. Le chômage repart à la hausse.
Toute la planète en perçoit les contrecoups d’une manière
ou d’une autre et les signes d’une reprise ne sont pas pour
demain. Bien évidemment, les économistes s’agitent, les hommes
politiques scrutent l’horizon à la recherche de solutions au
moins à court terme. Les manifestations se succèdent car la
vie devient difficile pour tout le monde. Bien des familles ont
du mal à joindre les deux bouts.

Pendant ce temps, aux confins du Rwanda et de la République
démocratique du Congo, le spectre de la guerre resurgit,
le génocide entre les hutus et les tutsis repart de plus belle ;
au Darfour, la situation reste fragile. La situation en Irak et en
Afghanistan est des plus précaire et les morts se succèdent au
rythme des attentats, des bavures collatérales ou des accrochages
sanglants.

La situation de notre monde est dramatique, l’avenir reste
incertain et le ciel est noir comme un soir d’orage. Alors comment
ne pas faire nôtre le cri du prophète Isaïe que nous propose
la liturgie du premier dimanche l’Avent : "Ah ! Si tu déchirais
les cieux et si tu descendais !"

D’ailleurs, le même prophète nous annonce au nom du Seigneur
 : "Il arrivera dans l’avenir que la montagne du temple
du Seigneur sera placée à la tête des montagnes et dominera
les collines. Toutes les nations afflueront vers elle, des peuples
nombreux se mettront en marche, et ils diront : “Venez, montons
à la montagne du Seigneur, au temple du Dieu de Jacob. Il nous
enseignera ses chemins et nous suivrons ses sentiers […]. Il
sera le juge des nations, l’arbitre de la multitude des peuples.
De leurs épées, ils forgeront des socs de charrue et de leurs lances
des faucilles. On ne lèvera plus l’épée nation contre nation,
on ne s’entraînera plus pour la guerre. Venez, famille de Jacob,
marchons à la lumière du Seigneur"
(Is 2, 2-5).

Voilà un programme clair et précis pour ce temps de l’Avent :
marcher à la lumière du Seigneur, découvrir sa présence au
coeur de notre monde, au coeur de nos vies, au plus profond
de nous-mêmes, il est là. Il est lumière pour nos vies, lui et lui
seul donne sens à nos vies. Laissons-le illuminer nos ténèbres
et nous entraîner à sa suite sur le chemin de la Vie. Laissons-nous
enseigner par lui, laissons sa parole prendre vie en nous,
s’incarner en nous pour changer nos vies. Alors nous pourrons
transformer nos épées en socs de charrue et nos lances en faucilles
pour suivre ses sentiers et nous laisser enseigner par lui.

En ces quelques semaines qui nous séparent de Noël, puissions-
nous tous réaliser que nous n’avons rien d’autre à faire
que de nous préparer à l’accueillir, de le laisser venir habiter
en nous là où nous ne l’avons pas encore laissé naître, c’est
lui qui fera toute choses nouvelles dans nos vies.
Face à la crise qui déchire notre monde, je lance un appel à
tous les baptisés du Vaucluse, de nos paroisses, de l’ACO,
de la JOC, de la Mission ouvrière, du CCFD, de tous les mouvements,
tous venons à la crèche adorer l’enfant Dieu, tous
retrouvons le chemin de l’Eucharistie dominicale, car là se
trouve pour nous la source du témoignage que nous avons à
donner à tous nos frères les hommes.

Celui qui vient, celui qui va naître dans la pauvreté de la crèche,
il vient pour nous permettre de réaliser le projet créateur,
le projet de Dieu, nous donner la Paix, nous donner sa Paix, la
Paix du Christ ! Pax Christi ! Il vient pour réaliser ce que Dieu
avait dit autrefois à Moïse : "J’ai vu la misère de mon peuple,
j’ai entendu son cri et je suis descendu pour l’en libérer !"

Aussi, laissez-le vous envahir, laissez-le habiter vos vies ; l’enjeu
est formidable : votre mission sera d’aller dire à vos frères :
"Toi aussi, viens et vois, laisse le Christ illuminer ta vie, la
transformer et lui donner son sens. Toi aussi viens découvrir
la puissance de l’Eucharistie qui nous donne de devenir ce
que nous recevons : le Corps du Christ"
. Ce message, nous
avons à le crier à tous nos frères les hommes, ils n’attendent
pas autre chose, nous n’avons pas autre chose à donner à nos
frères que celui qui a voulu venir naître dans la pauvreté de la
crèche pour nous permettre à tous de partager sa propre vie
divine. Alors, bon Noël à tous !