Allez vous aussi à la crêche !

23 décembre 2007

Alléluia Service n°941 - 23 décembre 2007

En ce jour de Noël, avec les bergers, entendez les anges vous dire : “Aujourd’hui vous est né un Sauveur ! Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire.

Avec eux, allez vous aussi à la crèche contempler l’enfant. Entrez dans le mystère de cet enfant : Dieu a voulu naître pauvre ; il n’y avait même pas de place pour lui. Dieu seul pouvait imaginer de telles conditions pour la naissance de son Fils parmi nous : au milieu de la nuit alors qu’il est la lumière du monde, dans la pauvreté d’une grotte ouverte à tous les vents alors qu’il est le Seigneur de toute la création, avec une mangeoire comme berceau, pour lui qui nous donnera son corps en nourriture.

L’événement le plus prodigieux de l’histoire serait même passé inaperçu si la nouvelle n’avait été annoncée par des anges à de simples bergers qui passaient la nuit à garder leurs troupeaux. « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné » Mais quel est donc cet enfant qui vient de naître cette nuit, que nous entourons de tant d’hommages et qui met au fond de notre cœur une joie et une paix indicibles ? Accompagnons donc les bergers jusqu’à Bethléem, prenons le temps de découvrir dans le silence Marie, avec derrière elle, dans l’ombre, saint Joseph.

La Sainte Vierge, parce qu’elle est vierge, sait qu’elle a conçu de l’Esprit Saint et que son enfant est le Fils du Très Haut. Elle l’a pris dans ses bras, elle le contemple, elle se rend compte qu’il lui ressemble, mais en lui, elle voit le Fils de Dieu, son Sauveur, son Seigneur et son Dieu. Elle le serre sur son cœur, elle l’adore et nous l’adorons avec elle. Joseph lui aussi sait. Il sait qu’il n’est pour rien dans cette naissance ; il a cru à la parole de l’ange : “Ce qui a été conçu en elle vient de l’Esprit Saint.” Il croit, nous croyons nous aussi. Par la foi nous nous enfonçons dans la profondeur du mystère de notre salut et nous adorons l’Enfant-Jésus, dont le nom veut dire Sauveur, cause de notre joie.

Le mystère de Noël est inépuisable. N’ayons pas peur de rester là avec Joseph, dans le silence, à contempler l’enfant, l’Emmanuel, Dieu avec nous. N’ayons pas peur de prendre la main de Marie et de lui demander qu’elle nous aide à entrer dans le mystère. Ayons un cœur de pauvre capable de recevoir tout ce que Dieu veut nous donner en ces jours de Noël. Oui, Noël, c’est aujourd’hui pour chacun de nous.

Et vous pourrez dans quelques jours avec les rois mages vous prosterner aux pieds de l’enfant et lui offrir en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Mystérieusement, avec eux, vous reconnaîtrez dans cet enfant votre Roi et votre Dieu car, avec eux, vous offrirez de l’or, présent royal, de l’encens destiné à brûler devant Dieu, enfin, avec eux, vous annoncerez de manière prophétique sa mort en offrant par avance le parfum pour l’embaumement.

Enfin, avec Siméon, à l’entrée du Temple, vous pourrez attendre l’arrivée de Joseph et de Marie avec l’enfant Jésus. Avec le vieillard Siméon, vous pourrez prendre l’enfant dans vos bras, le serrer sur votre cœur et dire avec lui : “Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix ; car mes yeux ont vu le salut que tu as préparé à la face de tous les peuples, lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël !

Tout est dit, tout le mystère est là sous nos yeux, ce mystère du Dieu trois fois Saint, du Dieu fort qui vient au milieu de nous comme un enfant, dans la faiblesse et la pauvreté d’un enfant, pour nous donner de pouvoir partager sa propre vie divine et cela a commencé à se réaliser dès le jour de notre baptême !

+ Mgr Jean-Pierre CATTENOZ
23 décembre 2007