L’Évangile de Marc

2003

La puissance de la Parole de Dieu est immense, elle dépose dans les cœurs une semence de vie divine ; or le propre d’une semence est de se développer, de porter du fruit. Certes sa croissance pourra être entravée si elle n’est pas reçue dans une bonne terre, mais elle porte en elle un dynamisme de fécondité.

La Parole de Dieu, une source de Vie pour nous tous.

Jésus a comparé sa Parole à une graine de sénevé, à du levain, à un trésor ; toutes ces paraboles manifestent la puissance de la Parole de Dieu qui s’étend par toute la terre et s’enracine toujours plus profondément dans les cœurs. La puissance d’expansion de la Parole de Dieu est sans limite. Elle pénètre au plus profond des cœurs et, comme à l’aube de la création, elle accomplit son œuvre en nous, elle donne à chacun de s’ouvrir au mystère et de s’unir à Dieu dans la foi, elle fait naître en nous la foi, puis elle fait de nous ses témoins.

La parole a pour mission d’être le chemin qui nous conduit jusqu’à Dieu et, avec raison, les Actes des Apôtres parlent de la prédication comme d’une voie, car elle est véritablement la route, le chemin qui ouvre les portes du Ciel.

Comment ne pas entendre la Parole qui retentit à l’aube de la Création : “Dieu dit... Et il en fut ainsi” ? Pour Dieu, dire et faire c’est tout un. La Vierge Marie l’avait bien compris, elle qui a pu dire à l’ange Gabriel : “Qu’il me soit fait selon ta parole”. C’est encore elle qui dira aux serviteurs de la noce à Cana : “Faites tout ce qu’il vous dira !

Toute la bible porte témoignage de cette puissance de la Parole de Dieu qui réalise infailliblement ses desseins : “De même que la pluie et la neige descendent des cieux et n’y retournent pas sans avoir arrosé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer pour fournir la semence au semeur et le pain à manger, ainsi en est-il de la parole qui sort de ma bouche, elle ne revient pas vers moi sans effet, sans avoir accompli ce que j’ai voulu et réalisé l’objet de sa mission”. (Is 55, 10-11)

Les chrétiens de Thessalonique sont pour nous un modèle ; Paul a pu leur écrire : “Vous avez entendu de notre bouche la parole de Dieu et vous l’avez accueillie, non comme une parole d’homme, mais comme ce qu’elle est réellement : la parole de Dieu. Et celle-ci reste active en vous les croyants” (1 Th 2, 13) ; de même il peut leur écrire : “Notre Évangile ne s’est pas présenté à vous en paroles seulement, mais en puissance, dans l’action de l’Esprit Saint, en surabondance. De fait, vous savez comment nous nous sommes comportés au milieu de vous pour votre service. Et vous vous êtes mis à nous imiter, nous et le Seigneur, en accueillant la Parole, parmi bien des tribulations, avec la joie de l’Esprit Saint”. (1 Th 1, 5)

Accueillir la parole divine, cela signifie non seulement la recevoir, mais l’étudier, la méditer, la ruminer. La parole de Dieu est un trésor ; pour le découvrir il faut creuser suffisamment profond. L’homme devra mettre toutes ses ressources intellectuelles et spirituelles au service d’une véritable intelligence de la Parole. Il n’est pas question de s’en tenir à la foi du charbonnier. Il faut étudier la Parole de Dieu. Souvent nous lisons l’Écriture comme vivaient nos ancêtres, en faisant de la cueillette... Il faudrait aller plus loin... En même temps, la parole de Dieu est à la portée de tous, tout homme peut accueillir les paroles de l’Évangile et y trouver la vie.

Ce contact avec la parole de Dieu est une véritable nourriture spirituelle : “L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu” (Mt 4, 4). La parole de Dieu est cette nourriture, ce pain dont parle Jésus dans l’Évangile, un pain à accueillir avec un cœur humble et confiant.

En vous offrant cet Évangile de Saint Marc, je voudrais vous inviter à lire toujours davantage la Parole de Dieu, nous devrions la connaître aussi bien que les rues de notre quartier ou de notre village. Puisse l’Esprit Saint susciter en chacun de vous cette soif de la parole qui fera de vous les saints dont notre Église d’Avignon a besoin.

+ Jean-Pierre CATTENOZ