La joie d’un pèlerinage, la joie d’une retraite

mai 2004

Je voudrais vous partager ma joie au moment où je rentre de Lourdes. Avec près de quatre cents jeunes de la profession de foi venus des quatre coins du diocèse nous avons été aux pieds de Marie, nous confier à elle, lui confier notre vie de chrétiens. Nous savons tous combien elle est fragile et pendant quatre jours, nous nous sommes laissé conduire par celle que Jésus lui-même nous a donnée comme Mère.

Les jeunes n’auront jamais fini de nous surprendre ; au hit parade du pèleri­nage, le chemin de Croix sur la colline derrière la grotte, un chemin à la rencontre de Jésus au moment même où il nous montre qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Ensuite, autre temps fort, le passage aux piscines - vraiment, ils n’auront jamais fini de nous surprendre ! Un responsable des Sanctuaires est venu leur en parler, plus de la moitié du groupe a voulu y aller ; ils y ont été accueillis comme des enfants de Dieu qui viennent se laver et se purifier. Ils ont été invités à tout laisser, à tout abandonner au fond de l’eau en demandant à la Sainte Vierge de les aider à regarder la vie avec un autre regard, un regard nouveau, avec son regard à elle.

Oui, vraiment, ils n’auront jamais fini de nous surprendre en participant avec joie à la grande soirée de la réconciliation. Au moment où les adultes ont tant de mal à redécouvrir la place et l’importance de ce sacrement dans notre vie de chrétiens, eux y viennent et reçoivent avec joie tous les trésors de vie que Dieu a cachés dans ce sacrement. Au terme de cette soirée, nous pouvions laisser éclater notre joie dans une grande farandole sous le regard de Marie heureuse de voir ses enfants rayonnants de vie et de grâce.

Quelle joie aussi de cheminer ensemble dans la nuit, au milieu d’une foule venue des quatre coins du monde, des cierges à la main, en chantant et récitant le chapelet comme des enfants. Ils étaient fiers de voir leurs animateurs porter la Sainte Vierge et l’escortant comme une garde d’honneur jusqu’à la basilique du rosaire. Sans discours, ils ont compris que le Christ était notre lumière et que cette lumière venait éclairer nos ténèbres. Sans paroles, ils ont vu ce grand chemin de lumière et ils ont perçu le mystère de l’Église, lumière du Christ éclai­rant la nuit de notre monde.

Enfin, le dernier jour, ensemble au pied de la grotte, nous avons célébré l’eucharistie, la partageant avec un pèlerinage d’aînés de la région parisienne. La parole du psaume se réalisait : jeunes et vieux se réjouiront ensemble ! Au creux du rocher, Marie nous attendait ; elle nous a invités à tout construire dans nos vies sur ce rocher qu’est son Fils, le Christ, le Seigneur. En même temps, nous avons compris qu’elle serait toujours là, au creux du rocher pour nous prendre par la main et continuer à être mère, à être notre maman pour nous enfanter à cette vie divine pour laquelle nous sommes faits et que nous avons pourtant tant de mal à laisser jaillir et grandir dans notre vie de tous les jours.

Je voudrais vous partager également ma joie de ces retraites de confirmation où, avec cinquante ou soixante jeunes, à Ceillac, dans la montagne nous nous retirons pour trois jours de retraite. Chaque jour, ensemble nous nous mettons d’abord 20 minutes à l’écoute de la Parole de Dieu, puis nous prenons toujours ensemble 20 minutes pour partager sur cette Parole qui nous interpelle dans nos vies et enfin, pendant encore 20 minutes, nous laissons la Parole de Dieu porter son fruit dans le silence de la prière. Chaque jour, nous cheminons ainsi au rythme de trois étapes qui, chacune, nous permet de découvrir la vie baptismale et le sens de la confirmation avec ses exigences : nous sommes tous appelés à devenir des saints, nous devons trouver notre place dans notre communauté paroissiale, et enfin, nous devons devenir d’authentiques témoins de Jésus vivant aujourd’hui dans nos vies. Au jour de la confirmation, Dieu ne va-t-il pas fixer au plus profond de nous-mêmes une grande parabole capable non pas de capter TPS ou canal satellite, mais canal Esprit Saint toujours prêt à émettre ses émissions d’Amour pour nous donner tous ses trésors divins. Bien évidemment, il y a quand même une condition : que nous soyons bien branchés et que la parabole soit bien orientée !

Il reste une souffrance, un souci, celui de donner à tous ces jeunes la soif de l’eu­charistie, la soif de se nourrir de lui à la table de sa Parole et de son Corps partagé. Puissions-nous tous être auprès d’eux des témoins de la place de l’eucharistie dans la vie chrétienne. Je ne peux pas vivre sans manger, je ne peux pas développer toutes les richesses de la vie divine en moi sans me nourrir du Corps du Christ. Puissions-nous tous nous montrer plus exigeants sur ce chemin de vie, les jeunes nous en seront reconnaissants. Au moment où beaucoup d’enfants vont faire leur première communion, puissions-nous être exigeants pour que cet événement si important dans la vie d’un chrétien ne soit pas une fête sans lendemain, mais le début d’une grande aventure où chacun apprend à se laisser saisir par le Christ jusqu’à pouvoir dire en toute vérité : “Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi”.

+ Jean-Pierre Cattenoz
Mai 2004