La puissance de l’adoration

10 novembre 2008

Mot de l’évêque - Eglise d’Avignon n°43 - Novembre 2008

Le 14 septembre dernier, fête de la Croix glorieuse, à Lourdes, alors que déjà la journée touchait à sa fin, nous étions tous là devant le Saint-Sacrement, le Saint Père Benoît XVI entouré de ses frères évêques, avec tous nos frères prêtres et diacres ainsi que tout le peuple de Dieu réuni autour de Lui. Nous étions là pour nous laisser saisir par Lui, pour L’adorer, pour Le contempler, pour nous laisser
aimer par Lui.


Il y a deux mille ans, Il a donné sa vie pour que nous ayons la vie, Il a pris sur Lui le péché et le mal de tous les hommes de tous les temps et Il est mort sur une Croix. Il est ressuscité au matin de Pâques et désormais, Il est vivant, Il demeure avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde et Il ne cesse de nous donner la vie, sa Vie. Il continue à être pour chacun de nous le Chemin, la Vérité et la Vie.

Nous étions là pour adorer Celui qui est tout pour nous. En lui « nous avons la vie, le mouvement et l’être » (Ac 17, 25). Comme autrefois, une force sortait de Lui et nous guérissait tous. Son amour nous enveloppait de sa présence divine, dans le silence du coeur.

Nous étions là pour lui confier notre pauvre humanité avec toute sa souffrance. Comment ne pas penser à toutes ces familles déchirées, à tous ces chômeurs de longue durée, comment ne pas penser à tous les sans-abri, sans papiers, à tous les « sans » du monde ! Ils étaient tous là, tous mes frères les hommes avec leur grandeur et leur misère, ils étaient là dans le coeur de Jésus qui continuait à laisser déborder son
amour divin. Un amour qui venait panser les plaies et guérir les coeurs.

En même temps, Il nous appelait à reconnaître sa présence agissante dans nos vies, Il nous invitait à lui offrir nos vies pour que son amour puisse aujourd’hui encore rayonner sur le monde.
Nous expérimentions la puissance de l’adoration eucharistique.
Être là auprès de Lui, dans le silence, loin de nous éloigner de nos frères, de nous couper du monde, faisait au contraire brûler nos coeurs d’un amour fort, d’une soif de donner à notre tour nos vies pour nos frères, avec Lui et en Lui.
Son amour divin venait réveiller en nos coeurs le désir de laisser son Esprit Saint agir en nous pour nous identifi er à Lui et, dans le même mouvement, nous livrer les uns aux autres dans une communion toujours plus forte et fraternelle.

Mystérieusement, l’adoration eucharistique est comme une école de communion où se construit un monde fraternel, où se construit l’Église, une Église où chacun a sa place, où nous avons besoin les uns des autres, une Église où tout homme est attendu comme un frère.
Surtout, n’opposons pas l’adoration et l’action ! Mais, au contraire, découvrons comment la première appelle la seconde et comment la seconde nous ramène auprès de Lui pour qu’Il puisse refaire nos forces, pour qu’Il puisse nous façonner à son image et à sa ressemblance avant de nous dire : « N’aie pas peur, avance au large, sois apôtre pour tes frères ».

Nourris de sa Parole et de son Corps par l’eucharistie dominicale, n’ayons pas peur d’aller le retrouver dans l’adoration, n’ayons pas peur de multiplier les groupes et les temps d’adoration.
N’ayons pas peur de multiplier les groupes de petits adorateurs, les enfants aiment se retrouver auprès de Jésus présent dans le Saint-Sacrement.

La vitalité de notre Église diocésaine commence ainsi : dans
l’eucharistie dominicale et dans le silence de la prière et de l’adoration aux pieds du Maître pour se laisser habiter, transformer par Lui. Faites-en l’expérience, vous ne le regretterez pas et nos paroisses deviendront davantage missionnaires.

En ces temps de crise grave, où l’économie mondiale a perdu le nord et ne sait plus où elle va, en ces temps de crise, où d’innombrables victimes resteront au bord du chemin, redoublons de vigilance. Enracinons nos vies dans l’essentiel, dans l’intimité de Jésus et Jésus viendra de nouveau, son amour débordera de nos coeurs et l’Esprit nous montrera les chemins nouveaux qui permettront à tous de retrouver le chemin de l’espérance, le chemin de la Vie en Celui qui est la source de la Vie.