Le Seigneur est ressuscité, il nous précède dans la Galilée de nos vies

26 avril 2003

Depuis le matin de Pâque, nous laissons éclater notre joie : le Seigneur est ressuscité, il est vraiment ressuscité. En même temps, nous ne cessons pas de nous lamenter sur tout ce qui ne va pas dans notre monde, nous serions prêts à écrire un nouveau livre de lamentations. Mais alors, le Christ serait-il mort en vain ? Est-il vraiment ressuscité et sommes-nous vraiment ressuscités avec lui pour être vivants de sa propre vie divine ?

Avons-nous vraiment entendu le message de Pâques ? : “N’ayez pas peur, vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié - Il est ressuscité : il n’est pas ici. Voici l’endroit où on l’avait déposé. Et maintenant, allez dire à ses disciples et à Pierre : Il vous précède en Galilée. Là, vous le verrez”. La Galilée, pour les disciples, était leur milieu normal de vie, le lieu de leur vie quotidienne et donc le message de Pâques est clair : Jésus nous précède tous dans la Galilée de nos vies quotidiennes, c’est là que nous le rencontrerons. Ne le cherchons pas là où il n’est pas, il nous précède dans nos vies quotidiennes telles qu’elles sont, dans la simplicité du quotidien. Là, nous le rencontrerons, là nous le trouverons.

Ne le cherchons pas là où il n’est pas : pour le voir, il me suffit de découvrir sa présence dans ma vie de tous les jours ; le regard de la foi, d’une foi toute chargée d’amour, me révèle sa présence, me donne sa présence, une présence qui transfigure ma vie quotidienne jusque dans ses moindres détails, même les plus ordinaires. Au mendiant de la Belle Porte qui lui demandait l’aumône, Pierre répondit : “De l’or et de l’argent, je n’en ai pas, mais ce que j’ai, je te le donne : Au nom de Jésus Christ, lève-toi et marche !” Ces quelques mots de Pierre, il nous faut les graver au plus profond de nos cœurs. Oui, notre véritable richesse, aujourd’hui encore, n’est pas dans des biens matériels quels qu’ils soient et le matérialisme ambiant risque bien au contraire d’être un véritable cancer de nos vies de baptisés ; notre véritable richesse est dans celui qui nous habite, qui habite nos vies et ce trésor nous ne pouvons pas le garder pour nous, nous avons à le partager avec tous.

La Samaritaine, en quittant le puits où elle venait de rencontrer Jésus a oublié une chose, son seau, mais elle n’en avait plus besoin, les eaux vives venaient de jaillir en son cœur et elle s’en est allée trouver les gens de son village pour laisser déborder ces eaux vives. Elle n’a pas fait de grands discours mais le changement se voyait sur son visage ; elle s’est contentée d’inviter les gens à venir voir Jésus : “Venez et voyez celui qui a changé ma vie !” Et nous avons tous à laisser déborder aujourd’hui, auprès de tous ceux qui nous entourent, cette bonne nouvelle de Pâques !

Jésus-Christ est mon véritable trésor, il est vivant et présent dans ma vie quotidienne, j’en suis le témoin, il a changé ma vie. Il est là, dans nos vies et il ne cesse de nous redire : “lève-toi et marche ; sois un homme debout et marche, marche sous l’impulsion de l’Esprit ; ta pauvreté est ta véritable richesse, elle est appel à l’Esprit Saint pour qu’il fasse de toi un enfant bien-aimé du Père qui attend tout de lui dans la confiance et l’abandon. Alors, n’aie pas peur et marche en ma présence !”

+ Jean-Pierre Cattenoz
26 avril 2003