Mot de l’évêque

3 février 2015

RCF, 30 janvier 2015

Voyages

Terre Sainte : Dans le cadre d’un renouvellement de la Pastorale des jeunes du diocèse, voilà déjà 2 ans que l’idée d’un pèlerinage germait, pour prendre du temps, mieux se connaître et réfléchir ensemble à cette Pastorale. On a eu la joie de faire huit jours de pèlerinage en Terre Sainte : dans la journée, on visitait les lieux et on lisait l’évangile de Saint Marc avec le Père Etienne Jonquet qui nous a guidés. Puis tous les soirs, on prenait 1 heure et plus, pour réfléchir sur la pastorale des jeunes, réflexion préparée par le Père Kzrysztof Wozniak et le Père Cesareo Escarda Fernandez. Au retour, tout le monde a dit sa joie d’avoir fait ce pèlerinage, en mettant nos pas dans les pas de Jésus, même si en Israël au mois de janvier, il fait un froid de canard, avec en plus beaucoup de pluie !
Avant le mois de juin, grâce aux notes prises pendant tout ce temps, Père Wozniak, responsable de la Pastorale des jeunes, nous présentera, à moi-même et au conseil épiscopal, les grandes orientations de la pastorale des jeunes pour les années qui viennent.

Inde  : Dans le cadre d’une mission de la Conférence des Evêques de France -commission épiscopale pour la mission universelle de l’Eglise dans le secteur des paroisses françaises de l’étranger ou des communautés catholiques francophones dans le monde- depuis le mois de novembre dernier, je suis chargé d’accompagner et de visiter, ces communautés quand il y a un problème. Comme là, à New Delhi où il y a une importante communauté de familles françaises, un lycée avec une grosse aumônerie (40% des élèves), et il manque un prêtre qui parle français. A la Nonciature, 2 secrétaires parlent français et assurent une messe, mais cette communauté attend un prêtre. J’ai vu avec l’archevêque de Delhi les possibilités, et, comment par exemple, faire apprendre le français à un prêtre indien, afin qu’un prêtre local prenne en charge la communauté francophone catholique dans les années à venir. Il faut, cependant, rendre hommage au groupe actuel qui a pris en charge toute cette communauté, avec, en plus, la difficulté que ce sont des familles d’expatriés qui se renouvellent souvent tous les 3 ans. Mais il y a un grand désir dans ces jeunes familles de se rassembler.

France 

Comment se situer après les attentats de janvier à Paris ?
Personnellement, c’est d’abord la souffrance de voir des attentats meurtriers d’ où qu’ils viennent, de s’entre-tuer pour tel ou tel problème : la guerre n’a jamais apporté la paix.
Ma question est : jusqu’où va le respect des personnes dans tout ce remue-ménage ?
Comme le Saint Père l’a rappelé : on ne peut pas dire n’importe quoi sur la foi religieuse, quelle qu’elle soit ; il y a un respect de ce en quoi croient les personnes. C’est vrai qu’on a le droit à l’humour et à la critique.
Moi personnellement, j’ai vu des caricatures de Benoît XVI qui m’ont blessé, et qui, je pense, étaient blessantes. De la même manière, je comprends que mes frères musulmans puissent être blessés par une manière de représenter celui qui pour eux est leur Prophète. Cela porte atteinte à leur être le plus profond.

En même temps, je pense qu’il y a également l’erreur fondamentale de penser que la religion est du domaine personnel. Le phénomène religieux est un phénomène de toutes les sociétés, même si nous les chrétiens on a découvert que c’est Dieu Lui-même qui est venu à notre rencontre. Il nous invite à vivre ensemble.
a question est : quel respect a-t-on d’une personne quelle qu’elle soit ? Je pense que les caricaturistes de Charlie hebdo ont été trop souvent trop loin ; on ne peut que dénoncer la catastrophe qui est arrivée. En même temps, je pense qu’il y a un respect qui manque parfois aujourd’hui.

Et nous, chrétiens, nous avons le devoir de nous dire aussi scandalisés quand nous sommes salis dans la presse ou ailleurs. La liberté la plus grande ne peut se vivre en société qu’à partir du respect des uns des autres. Ma liberté, non pas s’achève à la porte de mon voisin ; mais ma liberté doit m’amener à réfléchir sur le comment je vis ensemble avec mes frères dans une société, dans une ville, dans une province…Nous, chrétiens, avons le devoir de ne pas rester silencieux !