Mot de l’évêque

24 février 2015

RCF, 20 février 2015

Carême

Le Saint Père nous invite pendant ce Temps de Carême à réagir face au malaise de l’indifférence. Où en sommes-nous dans notre Eglise diocésaine, dans nos paroisses et communautés, dans notre propre comportement et celui de chaque fidèle à la lumière du message du Pape ? Prenons du temps pour
réfléchir à la question du Pape sur le malaise de l’indifférence qui est un poison pour nos sociétés occidentales ?

Le Pape François nous invite aussi, pendant ce temps de Carême, à une initiative un peu originale : 24 heures pour le Seigneur ! Il nous propose même une date : les 13 et 14 mars. J’invite tous les chrétiens à vivre ces 24 heures pour le Seigneur, c’est-à-dire à continuer à vivre comme ils vivent d’habitude, mais en cherchant à vivre en présence du Seigneur à travers toutes les activités qui sont les leurs tout au long de la journée, afin de découvrir comment cette vie en présence du Seigneur peut vraiment illuminer notre vie quotidienne et la transfigurer d’une manière merveilleuse. Si chacun de nous essaie de vivre 24 heures pour le Seigneur, vous verrez que notre Eglise va être illuminée de manière bouleversante.

 

Les 3 dimensions du Carême

Le jeûne, le partage et la prière sont 3 dimensions importantes. Autrefois le jeûne portait pratiquement exclusivement sur la nourriture. Aujourd’hui, ce n’est plus exactement le cas, même si nous pouvons faire des efforts pour manger un peu moins, par exemple les mercredis et vendredis de Carême. Mais il me semble qu’il y a d’autres manières de jeûner : par exemple, se priver de tout ce qui est un esclavage pour nous : télévision, jeux vidéo, ordinateur ou autres. Car en réalité le jeûne, c’est de montrer la liberté que nous voulons retrouver par rapport à tout ce qui est pour nous un esclavage…et ils sont nombreux les esclavages dans nos vies quotidiennes !

Le partage, c’est partager avec ceux qui ont beaucoup moins que nous, que ce soit ceux qui nous entourent en société, le quart monde, et puis aussi ceux qui vivent à l’autre bout du monde. Il y a un devoir réel de partage quand on sait que nos sociétés occidentales vivent dans une surabondance qui est un scandale alors même que nous savons que d’autres personnes, au sud notamment, vivent de
toute autre manière. Je pense par exemple à des gens en Afrique qui ne mangent qu’une seule fois par jour, à des élèves qui n’ont pas les fournitures nécessaires pour pouvoir continuer leur scolarité. Nous avons à nous interroger et à poser des actes concrets. Dans le cadre du Carême, les paroisses s’organisent autour de nombreuses associations, comme le CCFD mais aussi d’autres initiatives prises depuis des années par les paroisses. Nous avons à retrouver une dimension de partage réel tout autour de nous, dans notre vie quotidienne.

Quant à la prière, comme le rappelait l’Evangile du mercredi des Cendres : « Quand tu veux prier, ferme la porte de ta chambre »...tout cela doit se faire dans le secret de notre cœur, entre Dieu et nous. Cela est vrai également pour le jeûne et le partage : « Que ta main droite ignore ce que donne ta main gauche » et « Ne jeûne pas pour te faire voir des autres mais pour retrouver la liberté véritable de ton cœur dans ta vie avec le Seigneur ! »


Directoire pour l’homélie

Ce directoire a été annoncé mais il n’est pas encore arrivé dans le Vaucluse. Le Saint Père, dans sa lettre « La joie de l’Evangile » avait insisté sur l’importance de l’homélie. Il est important que nous fassions une relecture de nos manières de faire une homélie ; et cela fera du bien de l’évêque au vicaire général et à tous les prêtres du diocèse de se remettre en cause dans leur manière de faire. Tout ce qui peut nous aider à vivre une véritable formation permanente ne peut que nous réjouir tous.


Retraites de Confirmation 

Durant ces vacances de février, les retraites de confirmation sont sous la responsabilité de plusieurs jeunes prêtres du diocèse qui assureront les prédications. Le schéma de ces retraites a été mis en place
par tout un groupe de prêtres autour de la réflexion : comment permettre à des jeunes qui se préparent à la Confirmation de faire une véritable expérience de Dieu à leur niveau d’adolescent. Ainsi, 
ces retraites de 3 jours sont un temps fort pour les jeunes, aidés par des prêtres et des équipes de chrétiens laïcs qui vivent dans nos aumôneries. 
J’essaierai moi-même de participer cette année à telle ou telle retraite ; mais la charge qui m’a été confiée des paroisses françaises de l’étranger fait que, malheureusement, cette année je ne pourrai plus participer à l’ensemble des retraites de Confirmation. Mais je ne peux que me réjouir, car ces retraites
sont maintenant bien en place, et nous avons pris le temps, avec le responsable de la Pastorale des jeunes, de réfléchir sur ceux et celles qui animeront ces retraites pour que ce soit pour tous nos jeunes un vrai temps fort.


Situation tendue entre communautés religieuses et espérance

Un évêque demandait à Benoit XVI : « Comment redonner l’espérance aux chrétiens ? » et la Pape répondait : « N’oubliez jamais que l’Eglise vit au rythme de l’Esprit Saint et non pas au rythme de la biologie : naissance, croissance, âge adulte, vieillesse et mort. L’Eglise vit au rythme de l’Esprit Saint et découvrez toujours que lorsque l’Eglise traverse des moments difficiles, l’Esprit Saint lui a toujours
donné les saints dont elle avait besoin ! » Je suis sûr, dans le climat tendu qui les le nôtre aujourd’hui, que l’Esprit Saint saura susciter des témoins qui nous donneront la lumière de la part du Seigneur. Il est vrai que les Juifs sont nos frères aînés et nous leur devons tout : par eux, est passée l’Alliance du Seigneur et la préparation du mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu en Jésus Christ. En même temps, nos frères musulmans restent des frères. Nous devons œuvrer pour une véritable fraternité au-delà de toutes les difficultés qu’il ne faut pas masquer – en terre d’Islam, nous avons toujours du mal à distinguer le politique, le religieux et le social et cela est certainement une grande difficulté. Mais nous devons tous œuvrer pour un vivre ensemble dans notre terre de France quelles que soient nos croyances ou incroyances…et vivre ensemble en notre belle terre de Provence, dans la joie de tout ce que nous donne Dieu dans sa Création !


Edition d’Evangiles de Marc

Dans peu de familles aujourd’hui se trouve une Bible, quelquefois elle dort paisiblement dans un coin de bibliothèque depuis des années. Avec le conseil épiscopal, j’ai été poussé à éditer l’Evangile de Saint Marc en caractères assez gros ; c’est essentiellement en pensant aux jeunes et aux adolescents qui ont de plus en plus de mal à lire des livres écrits petit ; c’est leur donner la possibilité d’avoir accès à un Evangile, car la Bible souvent rebute. Cet Evangile tiré à 10 000 exemplaires va permettre de montrer comment l’Eglise donne une importance primordiale à la Parole de Dieu. Cette année, l’Evangile de Marc accompagne l’année liturgique et nous nous voulons dire aux chrétiens et à tous les hommes de bonne volonté de prendre le temps de lire un Evangile. Si vraiment on l’accueille comme une Parole, on peut voir que cette parole est Parole de Dieu, qu’elle touche le cœur et donne de découvrir la Bonne Nouvelle du Christ !