Mot de l’évêque

15 juin 2015

RCF, 12 juin 2015


Bénédiction de la Commune de Camaret sur Aigues avec acte de consécration lu par le maire

Il faut lire cet événement avec un peu de recul pour ne pas penser tout de suite à la couleur politique du maire. Il y a une tradition en France qui remonte à plus de deux siècles (et même tout au long de notre histoire) : la vie chrétienne imprègne en certains endroits la vie de la cité. Il est vrai qu’il y a eu un courant laïc qui comprenait la laïcité en disant : le religieux est du domaine du privé non du domaine de la cité. Il s’agit là d’une incompréhension, car la vie chrétienne envahit la vie de l’homme entier, et elle intéresse aussi la vie du chrétien en société. Ainsi, je comprends tout à fait que des gens veuillent mettre leur commune sous la protection du Cœur de Jésus. A Paray le Monial, il y a déjà eu des consécrations de la France au Sacré Cœur. Paray le Monial a été un haut lieu, à un moment de l’histoire.

Je ne peux que me réjouir de voir des chrétiens engagés en politique, consacrer leur cité, par l’intermédiaire du curé de leur commune.
D’un autre côté, je respecte les communes qui ne font pas cette démarche. Il y a une présence des chrétiens dans la cité ; ils doivent pouvoir prendre leur place dans la vie politique, dans l’ensemble des partis. Depuis le Concile, on ne cesse de rappeler qu’il est important que les chrétiens s’engagent dans tous les domaines de la vie sociale, et la politique en fait partie.

La consécration au Cœur de Jésus trouve sa source dans l’Amour qui a jailli du Cœur de Jésus crucifié ; c’est le point central de l’Histoire de l’Humanité. Que l’Humanité le veuille ou pas : il y a un avant et un après, c’est le moment où le Christ a sauvé le monde et a permis à l’homme de retrouver un nouveau visage, une nouvelle relation avec la société, avec le monde.
Lorsque nous avons accueilli les reliques de Sainte Marguerite-Marie Alacoque, il y a quelques années, dans l’église du Sacré Cœur, j’avais consacré le diocèse au Cœur de Jésus.

Encyclique en projet du Pape François sur l’écologie


Il y a longtemps que le chrétien devrait être écologiste ! Le péché a abimé les relations de l’homme avec lui-même. Le cœur de l’homme a été blessé. Les relations entre les hommes ont été blessées, défigurées. Les relations entre les hommes et la Création ont été également défigurées. Le Christ est venu pour permettre à l’homme de retrouver son unité personnelle, pour permettre aux hommes de retrouver leurs relations entre eux et pour permettre aux hommes de retrouver la relation qu’ils devraient avoir avec la Création, car la Création tout entière a été voulue pour être au service de l’homme et de la réalisation de sa vocation et du projet créateur de Dieu.

Ainsi, l’écologie qui apparaît maintenant comme un élément important, est l’épanouissement d’une prise de conscience d’un élément ancré dans l’Histoire du Salut depuis toujours.
L’encyclique va sortir prochainement. A partir de ce texte du Saint Père, nous verrons comment, en quelque sorte, le mettre en musique dans notre diocèse. Déjà, on a essayé de mettre des panneaux solaires sur un certain nombre de presbytères pour utiliser des énergies renouvelables. Nous devons être inventifs. De même, il y a eu dans des presbytères des réaménagements soucieux de la régulation des énergies. 

Mais c’est bien au-delà de ces questions matérielles : comment l’homme peut-il retrouver une relation à la Création qui lui permette de s’épanouir et non pas faire de la création un lieu où on peut enterrer tout ce qu’on veut, n’importe comment ?
Derrière tout cela, comment se fait-il que 5 ou 10% de la population mondiale se partage 80% des réserves de la planète ? C’est une question fondamentale, avec cette poussée du sud qui cherche à rejoindre l’Europe en se disant que c’est l’Eldorado. Ils se trompent probablement beaucoup sur le type d’Eldorado qu’est l’Occident aujourd’hui. Il n’empêche que la Méditerranée se remplit de cadavres actuellement…et cela devrait nous poser question !

Nominations

Chaque année, c’est le parcours du combattant pour le Conseil épiscopal de pouvoir chercher comment répondre aux attentes et besoins. Un certain nombre de prêtres doivent regagner leur diocèse ; d’autres demandent à changer de mission ; à d’autres endroits, c’est nous-mêmes qui souhaitons donner plus d’importance à tel service ou à tel autre. Depuis début mars, nous sommes en réflexion pour répondre à tous les besoins….et alors que la semaine dernière, il manquait un curé, la Providence m’a fait trouver un prêtre d’origine étrangère mais naturalisé depuis de nombreuses années, avec une grosse expérience de vie en France. Je pense donc qu’il s’intègrera très vite dans sa nouvelle paroisse.

Dans la conférence épiscopale de France, il a été souhaité que les prêtres soient à nouveau disponibles après une mission de 6 années dans une même paroisse. D’ailleurs, dans toutes les entreprises aujourd’hui, les gens sont appelés à changer d’unité régulièrement, de façon à se renouveler. Dans le diocèse, on essaie de répondre au désir d’un certain nombre de prêtres et de paroissiens de garder leur prêtre entre 6 et 10 ans. Mais il y a aussi les prêtres qui arrivent à 75 ans et qui doivent présenter leur démission quand ils sont curés, afin de continuer leur mission en tant que prêtre auxiliaire dans une autre paroisse du diocèse.