Mot de l’évêque

20 janvier 2016

RCF, 15 janvier 2016

Semaine de l’unité des chrétiens :

Je me réjouis des initiatives qui sont prises ; j’ai découvert celles qui vont se vivre dans le doyenné d’Avignon ; et je m’aperçois que dans chaque paroisse, avec l’Église réformée de France, ou avec telle autre Eglise, sont organisées des rencontres.
Mais le diocèse est beaucoup plus large qu’Avignon : à Orange, par exemple, avec toute l’équipe pastorale, il y aura là aussi avec le pasteur de l’Église protestante unie de France de belles rencontres comme celles déjà vécues autour du Père Régis Doumas, curé d’Orange.
A Pertuis aussi, se vivent de très belles choses : il y a à Pertuis un diacre permanent très engagé dans l’œcuménisme sur le doyenné en mordant un peu sur les Bouches du Rhône ; régulièrement, il y a des rencontres entre différentes communautés ecclésiales et ce sont de très très belles rencontres humaines et chrétiennes.
Et puis bien sûr, il faut aussi penser à Cavaillon où il y a un pasteur que j’ai rencontré plusieurs fois et qui est même venu à RCF faire une émission. Là encore, dans le cadre du doyenné de Cavaillon - L’Isle sur la Sorgue, il y aura différentes activités dans le cadre de la semaine de l’unité des chrétiens.
A Carpentras, dans une des paroisses du doyenné, le Père Marcel Bang, tout en étant curé de la paroisse des Dentelles de Montmirail, est en cours de formation à Paris, pour mieux se former pour le service de l’œcuménisme dans notre diocèse. C’est pour nous une nouveauté car nous n’avions pas jusqu’alors quelqu’un de spécifiquement formé et je m’en réjouis.
Enfin, le doyenné de Vaison - Valréas en relation avec des paroisses du bord de la Drôme, a régulièrement des rencontres avec les pasteurs.
Globalement, dans une vue de tout ce qui se vit dans le diocèse, je ne peux que me réjouir de toutes ces initiatives qui sont prises. Pour ma part, c’est dans le cadre de mon voyage au Vietnam (pour ma mission auprès des paroisses françaises) que je prierai là bas pour l’unité des chrétiens.

Rencontres interconfessionnelles 

C’est un réalité qui existe depuis quelques années à Avignon. Des organismes nous ont demandé si on ne pouvait pas travailler ensemble à l’évangélisation. Donc, avec différents pasteurs venant de Suisse, et qui eux sont très ouverts à l’œcuménisme et aux liens avec l’Église catholique, nous avons commencé à mettre en place 3 fois par an, des rencontres interconfessionnelles, et même, autour de la Pentecôte, une semaine d’évangélisation : le don de l’Esprit Saint qui nous invite à sortir, à aller annoncer l’Evangile. Je souhaiterais que l’œcuménisme entre dans un dynamisme beaucoup plus grand encore sur l’évangélisation : avoir l’audace de sortir dans la rue pour annoncer la Bonne Nouvelle, pour inviter les hommes et les femmes d’aujourd’hui à venir découvrir la joie de la vie en Christ.

Commission épiscopale pour la mission universelle de l’Église

Dans ce cadre à Paris, l’aumônier national des migrants et des réfugiés avait préparé un plan de situation très précis. Il a confirmé ce que nous avons vu dans le Vaucluse : après un désir d’accueillir très vite des réfugiés, nous avons dû nous rendre compte que l’État de son côté cherchait à faire l’inventaire des appartements disponibles en vue de préparer le moment où les réfugiés qui seront accueillis en France, auront le statut de réfugiés politiques et pourront être logés dans un cadre normal, dans nos différentes régions. Nous nous étions donc préparés mais visiblement, nous avions un autre objectif qui était de pouvoir accueillir très vite des familles de réfugiés ; et nous avons dû nous adapter à la réalité : dans le département, c’est plutôt JRS, l’organisme Welcome qui est sous la direction des Jésuites, qui va fonctionner avec CADA, association habilitée dans l’aide aux réfugiés, afin de pouvoir aider les centres de demandeurs d’asile en ayant des appartements relais pour des personnes, pour une durée limitée. Nous devrions commencer prochainement. Et j’espère même que l ’appartement que nous avions rendu disponible à la Maison diocésaine, pourra servir pour accueillir, en relais, des personnes qui sont en cours de cheminement avec CADA.

Il y a eu certainement plus d’un million de réfugiés arrivés en Europe, 1 million par voie de mers, et environ entre 150 000 et 250 000 par voie terrestre. Les chiffres diffèrent selon que vous avez à faire avec le Haut Comité pour les Réfugiés ou les ONG qui pensent qu’il y a eu beaucoup de plus de morts en Méditerranée depuis plus d’un an : de 4000 à 50 000 ; on ne sait pas du tout ce qu’il en est exactement. Aujourd’hui, le constat est que l’État ne souhaite pas l’arrivée massive de réfugiés ; normalement l’Europe a prévu d’en accueillir 180 000, et je crois que pour la France ce sera 40 000 ; c’est un chiffre relativement restreint mais qui laisse poser la question : que vont devenir le million deux cent mille réfugiés qui sont là, le flux continuant à fonctionner ? Chaque jour, il y a des arrivées en Allemagne, dans les pays de l’Est de l’Europe. Comment allons-nous faire face ?
Du côté de la cellule des migrants, nous avons souhaité d’abord réactiver une cellule qui s’était mise en veille pour qu’elle analyse la situation à Calais et à Dunkerque ; car nous sommes en présence de deux diocèses qui ont sur leur territoire de gros camps de réfugiés dans des situations épouvantables. On a demandé à ce comité formé de scientifiques et de spécialistes de l’accueil de réfugiés, de faire, très rapidement, un état de la situation, de voir notamment si nous ne pourrions pas accueillir dans différents diocèses de France, ces hommes et ces femmes qui sont dans la boue, dans des tentes dans des conditions effroyables. Cela ne pourra se faire qu’en communion et coordination avec les évêques du lieu. On a une situation d’urgence à laquelle nous pourrions faire face immédiatement en utilisant les logements qui nous avaient été proposés, afin d’aider ces gens à retrouver une situation plus humaine.

Opération Mosquées ouvertes

Dans le cadre de l’apprentissage à vivre ensemble, il est extrêmement important de pouvoir découvrir les lieux de prière de nos frères musulmans provençaux ! On pense souvent musulmans du Maghreb ; ils sont peut être originaires d’Algérie, du Maroc ou de Tunisie, mais pour la plupart, ils sont Français. Nous avons à apprendre à vivre ensemble avec des personnes qui sont d’une culture d’origine qui est d’ailleurs ; pour cela il faut qu’on se découvre les uns les autres. Et l’initiative prise par l’Islam de France, de pouvoir proposer l’ouverture des mosquées est une initiative que je trouve très très belle. J’espère que cette initiative sera suivie d’autres pour que les uns et les autres nous puissions nous retrouver, nous rencontrer et parler et apprendre vraiment à vivre ensemble dans notre terre de Vaucluse, afin que la violence cesse dans notre région comme partout en France.