Mot de l’évêque

13 février 2016

RCF, 12 février 2016

Pèlerinage-retraite à Paray le Monial :

Cette retraite de mi-février est toujours un moment fort car elle permet à des laïcs de pourvoir prendre quelques jours autour du Sacré Cœur pour se replonger dans l’essentiel de notre foi en Christ. Le Cœur de Jésus nous accueille avec ses torrents d’Amour qui continuent à jaillir du Cœur transpercé de Jésus. Avec le grand jubilé de la Miséricorde, nous sommes appelés à creuser beaucoup plus profondément en prenant conscience que nous sommes tous de pauvres pécheurs et que l’Amour merveilleux du Seigneur pour nous, nous rejoint et nous libère de toute l’emprise du mal en nous, pour nous permettre de vivre de Sa Vie dès maintenant.

Ce pèlerinage est né du désir du Père Édouard Marot, Recteur à ce moment-là, de pouvoir proposer aux diocèses de venir avec leur évêque pour un temps de retraite autour du 1er vendredi du mois.
Nous mêmes, nous partons d’Avignon le jeudi matin ; il y a toujours une halte dans un haut lieu qui nous sépare de Paray, comme Ars avec le curé d’Ars, la Galaure avec Marthe Robin ou d’autres petits sanctuaires ; et c’est une journée qui nous permet de nous préparer à ce temps de retraite diocésaine. Je dois également dire merci à l’équipe des sanctuaires de Paray qui assure l’animation de cette retraite. Avec le P. Paco Espugles, depuis des années, nous assurons l’enseignement à deux voix. Cet enseignement à plusieurs voix est toujours important pour montrer que c’est la même Parole d’Eglise déclinée et vue avec des regards différents pour nous aider à entrer dans la richesse du Christ et de son Église aujourd’hui.

Journée type de retraite : on commence par un temps de louange à 9h, ensuite vient l’enseignement, suivi d’un temps de prière plus personnel ; ensuite à 11h nous avons l’Eucharistie ; puis généralement vient le repas, ou comme aujourd’hui un chemin de Croix dans le cadre du vendredi. L’après-midi, différentes activités animées par les chapelains : le message de Paray, un chapelet, un chemin de Croix ; vient ensuite l’enseignement du Père Paco, et les soirées : par exemple, le vendredi soir est une soirée miséricorde, le samedi soir est souvent un temps plus festif ; chaque premier jeudi du mois, il y a le soir l’Heure Sainte par les sœurs de la Visitation et les chapelains. Tout le monde en profite pour se réconcilier avec le Seigneur ; l’Amour du Cœur de Jésus vient toucher l’ensemble des cœurs des pèlerins et on ne revient pas de Paray comme quand on est arrivé.

La prière de louange : Il est dommage qu’on n’ait pas davantage l’habitude de la prière de louange dans nos paroisses , car normalement l’Eucharistie est action de grâce et de louange ; on voit dans les Actes des Apôtres que la première chose que l’Esprit Saint a donné aux disciples au sortir même du Cénacle, c’est de proclamer les merveilles de Dieu donc de louer le Seigneur. Dans les Actes aussi, au moment où Paul et Silas sont enchaînés dans une des pièces les plus cachées de la prison, il est minuit et ils louent le Seigneur ; à ce moment-là, toutes les portes s’ouvrent, toutes les chaînes tombent, car la louange ferme et ouvre les portes. Si nous pouvions louer bien davantage aujourd’hui, l’Église s’ouvrirait ainsi des portes à l’évangélisation.

Pendant l’Heure Sainte cette année, nous avons relu le récit de la Passion en intériorisant les phrases, comme une sorte d’oraison accompagnée des paroles de ce qu’a vécu Jésus le soir du Jeudi Saint.
L’oraison, la Lectio divina sont des réalités qui devraient permettre aux chrétiens de déployer des richesses dans leur vie personnelle. Dans le Vaucluse, nous avons la chance d’avoir l’Institut Notre Dame de Vie et le Père Marie-Eugène bientôt béatifié et il est vraiment dommage de passer à côté de la Grâce du Carmel, Grâce de l’oraison qui permet de découvrir que dans le silence du cœur, je peux m’unir à Dieu pour que toute ma vie soit une vie livrée à la volonté de Dieu sous l’emprise de l’Esprit Saint.

La soirée de miséricorde consiste à louer le Seigneur, à nous livrer à sa Miséricorde avec des équipes de discernement qui accueillent les uns et les autres, avec quelques charismes qui donnent des paroles de vérité pour aider les personnes à se convertir ; et puis il y a l’Adoration avec celui qui préside et qui passe dans l’assemblée avec le Saint Sacrement et bénit chacun avec le Saint Sacrement. Le Christ Lui-même circule au milieu de son peuple pour lui pardonner ses péchés et pour lui redonner la plénitude la cette vie pour laquelle nous sommes faits : la vie en Christ.

J’espère que, petit à petit, d’une année sur l’autre, un rayonnement de la vie en Christ redevient important dans les familles. Le Seigneur touche les cœurs en utilisant les paroles des uns et des autres. Comment ne pas rendre grâce à Dieu et vous inviter tous à venir au pied de la Croix et à découvrir la puissance de la Croix comme lieu de vie en Christ. L’eau qui jaillit du Cœur de Jésus est source vive qui vient nous désaltérer.