Mot de l’évêque

3 octobre 2016

RCF, 30 septembre 2016

Journée Comptes ouverts

Il est normal de rendre compte de la gestion du diocèse à ceux qui participent à cette gestion dans chacune de nos paroisses. C’est un moment où les comptables des paroisses, les membres des conseils économiques peuvent partager des manières de faire ou faire quelque remarque dont tiendra compte la responsable de la comptabilité diocésaine ainsi que le Père Pierre Marin et l’économe diocésain. C’est un temps où on rencontre l’ex commissaire aux comptes : c’est un langage inaccessible pour l’évêque moyen que je suis, mais cela est très intéressant quand Pierre Marin et un membre du conseil diocésain des affaires économiques retraduisent en langage compréhensible l’ensemble du budget en montrant les points forts et les points faibles.
On a invité toutes les paroisses à faire attention aux quêtes, à récupérer les casuels. On s’est aussi réjoui de voir que le Denier de l’Église a continué à augmenter ; il ne nous permet pas encore de couvrir l’ensemble des besoins des prêtres, mais on est monté de manière significative. Je rends grâce car nous sommes, je crois, la seule association qui ne vit que des dons des fidèles pour donner de quoi vivre aux prêtres.
L’Église diocésaine a aussi quelques appartements loués dont les revenus servent aux paroisses.
Il y a aussi d’autres petits revenus quand un prêtre prêche une retraite ou autre, mais tout cela est négligeable.

Récollection de prêtres à Sainte Garde (Saint Didier)

C’est une journée pour le Seigneur. On en a une par trimestre : une qui se vit en doyenné et deux qui se vivent en diocèse. Et comme nous sommes à quasiment un mois et demi de la béatification du Père Marie-Eugène de l’Enfant Jésus, on a demandé à un prêtre de l’Institut et à quelques membres de la branche féminine de nous parler du Père Marie-Eugène et des prêtres. Ce fut une très belle journée où tout le monde était content de ce temps de connaissance. Si les anciens ont pu le connaître et participer à des retraites qu’il a pu prêcher, les jeunes prêtres ou ceux venus d’autres Eglises le connaissaient mal ou pas du tout. Belle occasion donc de découvrir celui qui va être déclaré bienheureux !
Le Père Marie-Eugène disait toujours que lorsque l’Église déclare quelqu’un bienheureux ou saint, c’est le Bon Dieu qui veut faire sortir cette personne sur le balcon du Paradis pour nous la donner en modèle. Pour le Père Marie-Eugène aujourd’hui, c’est l’Église qui veut nous montrer son enseignement, sa vie spirituelle comme un chemin de vie pour nous. La manière dont il a vécu dans l’intimité de l’Esprit Saint, la manière dont il a voulu se laisser conduire et construire par la Grâce pour être toujours plus souple et docile entre les mains de Dieu, tout cela est un appel pour nous à le suivre sur ce chemin de sainteté.

Voyage à Nancy

Je suis très heureux de pouvoir redécouvrir l’ensemble scolaire de Saint Sigisbert dans le cadre de la réunion des anciens de la branche masculine. Lorsque j’ai fait mes 7 années de collège et de lycée, il n’y avait que des prêtres sauf un professeur de math et une jeune professeur d’allemand, seuls laïcs. A cette époque, la chapelle était vraiment le lieu de vie où on commençait la journée. J’ai souvenir de loger chez mes grands parents mais le matin à 7h, j’étais dans la chapelle de Sigisbert pour servir la Messe à un des prêtres ; après cela, on prenait le petit-déjeuner et la journée commençait. On enracinait vraiment nos journées dans l’Eucharistie. Il n’est pas étonnant que dans ma promotion, il y ait 6 religieux ou prêtres.
C’était un collège très ouvert ; les prêtres étaient des prêtres diocésains pour la plupart et il y avait une sorte de familiarité très sympathique avec les familles nancéiennes.
Aujourd’hui, l’établissement a fait peau neuve complètement et j’ai poussé pour que la chapelle également fasse peau neuve pour que les jeunes aient la joie d’y venir. J’ai même dit à la nouvelle directrice qu’elle pouvait changer le siège de présidence car le cardinal Tisserand a dû s’asseoir sur ce même siège il y a 80 ans...et les ressorts me faisaient mal pendant la Messe !
On a du mal à réaliser que la chapelle dans l’enseignement catholique est un lieu fondateur de tout ce que les jeunes devraient vivre.
Par rapport à des élèves non chrétiens ou athées ? Je dis que quand on a un trésor, on doit le partager. Ceux qui auront été touchés par l’Esprit Saint me demanderont comment faire pour vivre en chrétiens. La Bonne Nouvelle doit être partagée à tous, à commencer par nos frères musulmans, les jeunes athées de nos écoles. Si on s’adresse à un collège musulman, il est normal que l’établissement veuille vous faire connaître le Coran. Nous, nous avons envie de partager ce trésor qui est le nôtre : Jésus et sa Parole.

Éducation nationale et enseignement catholique sur des questions de sexualité

Je suis parti en révolte lorsque j’ai vu circuler dans des collèges catholiques du diocèse des papiers émanant du ministère de l’éducation nationale : invitation au porno, pour voir comment on mettait matériellement des préservatifs, comment les enlever, comment éviter qu’ils ne se déchirent… Je pense que nos jeunes ont besoin d’un autre type d’éducation affective et sexuelle que ce matériel pratique qui n’a rien à voir avec ce que les jeunes attendent pour grandir et se préparer à fonder une famille...même si aujourd’hui la famille est dénoncée par tout un lobby « républicain ». Il s’agit d’une idéologie qui avance. Mais je ne me fais pas de souci car les idéologies ne durent qu’un temps, et 50 ans plus tard elles tombent. Malheureusement, elles font beaucoup de dégâts en cours de route ; on l’a vu au XXème siècle !