Mot de l’évêque - RCF, 1er juillet 2016

6 juillet 2016

Retour du Liban :

Comme chaque année, je passe une dizaine de jours, pris sur mes vacances, pour aller enseigner la Parole de Dieu dans une grosse structure de personnes atteintes de handicap. Cette structure a 2 lieux :
SeSobel s’occupe de petits enfants atteints de handicap ; ils reçoivent 1000 jeunes par an, avec un matériel assez pointu pour les aider à prendre conscience qu’ils sont des personnes humaines et enfants de Dieu.
Et à côté de cela, il y a une petite structure avec des jeunes ou adultes atteints de handicap ; c’est là une sorte de laboratoire, de formation existentielle pour vraiment aider ces personnes à déployer leurs richesses de personnes humaines. Souvent le handicap les a enfermées et il faut les aider à découvrir les richesses qui sont en elles, et leur parcours de vie d’enfant de Dieu ; en lien avec ce laboratoire expérimental, dans lequel j’interviens chaque année, il y a des liens avec des paroisses ; car l’idée est : comment aider des personnes atteintes de handicap à prendre leur place normale dans une paroisse ? Pour cela, il est très important de montrer aux familles qui ont un enfant porteur de handicap, qu’elles ne sont pas obligées de cacher ces enfants (habituellement, par tradition, les parents cachaient leur enfant handicapé). Et d’autre part, comment aider les paroissiens et les prêtres à accepter dans un groupe de premières communions par exemple, un enfant atteint de handicap ?...car le paraître est très important pour des familles chrétiennes qui refusent qu’un tel jour, un enfant atteint de handicap soit présent . Il y a donc tout un travail qu’essaie de faire l’association Anta Akhi pour aider les paroisses et les diocèses à prendre conscience de l’importance d’accueillir pleinement dans la vie paroissiale des jeunes ou des adultes atteints de handicap.

J’ai donc enseigné à divers niveaux :
Avec les jeunes eux-mêmes, dans le cadre de la formation existentielle. Il y a bien sûr quelques jeunes qui n’arrivent pas du tout à communiquer, mais il y a toute une série de jeunes ou d’adultes qui peuvent tout à fait recevoir la Parole de Dieu… et qui de fait, sont comme des éponges avec cette Parole : ils l’accueillent et ils s’en nourrissent. C’est une dimension que je n’ai jamais rencontré ailleurs.
J’ai enseigné également au SeSobel à l’ensemble des cadres de la maison, une formation à la vie chrétienne ordinaire ; j’enseigne aussi au conseil d’administration de l’association d’Anta Akhi ...ce qui m’a fait au total entre 2 et 4 h d’enseignement par jour.

J’ai pu également aller passer une matinée à l’USJ : l’université Saint Joseph qui est la grande université jésuite de Beyrouth ; et là, j’ai cherché à prendre contact avec des Jésuites qui travaillent sur l’inter-religieux et notamment, sur l’idée qui trotte dans ma tête : comment essayer de trouver un jeune prêtre ou séminariste qui accepterait d’aller passer 1 an ou 2 à Beyrouth, pour se former au dialogue avec les autres religions (l’Islam, et les différents courants sunnite, chiite…) ; je pense que, dans l’université jésuite de Beyrouth, on a un lieu formidable pour cela !
En France, on ne perçoit pas les enjeux réels de l’inter-religieux et de l’Islam. On pense que la République française va colorer l’Islam ; moi, je pense que cela n’est pas vrai. Or à Beyrouth, j’ai rencontré un Jésuite hollandais présent à Beyrouth depuis plus de 40 ans. Il a promis de faire tout pour accueillir ce type de demande, car à Beyrouth, sont présents de nombreux responsables religieux qui ont soif de dialogue avec les catholiques.

Ordination sacerdotale à la Métropole :

Il y a longtemps que nous n’avons pas eu d’ordination sacerdotale à la Métropole. Il y avait un seul prêtre, cette année, à ordonner et je pensais qu’il était bien que notre cathédrale restaurée soit le lieu de cette ordination ; ceci dit, cela reste un peu dans l’international car le Père Luiz Henrique Ferreira repartira au Brésil en tant que prêtre fidei donum, dès le mois d’août ; mais il nous reviendra pour continuer ses études vers une licence canonique ainsi que pour travailler dans le diocèse auprès de la communauté Pantokrator avec 2 jeunes futurs prêtres de cette communauté. Ces derniers se sont préparés au sacerdoce au Studium de Notre-Dame de Vie ; et ainsi, maintenant on voit de belles réussites humaines et sacerdotales ! Je m’en réjouis et j’espère qu’il y aura d’autres religieux qui viendront me demander une formation.
Progressivement, tout le monde a pris conscience de l’importance de la mondialisation aujourd’hui, et pour nous, Église de France et de Provence, on a besoin de ce sang neuf pour nous aider. On a été missionnaires pendant des siècles, à travers le monde entier. Aujourd’hui, c’est nous qui avons besoin d’être aidés. De nombreuses communautés religieuses ont quitté le diocèse depuis mon arrivée. J’ai pris la décision, dans chaque doyenné, de pouvoir remettre au moins une communauté religieuse. Et je me réjouis des fruits que tout cela porte !

Prédication de retraite :

Le Cardinal Sarah m’avait demandé ce service, il y a quelques années. Ce service est assuré par l’aide de l’Église en détresse, AED, qui finance des retraites de prêtres.
Cette année, je vais avoir la chance à Bukavu, de prêcher une retraite pour 2 diocèses : Bukavu et Uvira, si tout se passe bien, car la situation est toujours un peu difficile dans l’est de la République démocratique du Congo.
A Kigali, je ferai quelque chose d’un peu particulier, en accord avec l’archevêque : c’est une prédication pour les jeunes qui n’iront pas au JMJ afin qu’ils puissent quand même vivre un temps fort autour de cette Journée mondiale de la Jeunesse.
Comme tous les baptisés, les prêtres ont besoin de s’arrêter, de prendre du temps pour être avec les Seigneur, sans autre impératif que de passer une semaine avec Dieu, sa Parole, dans le silence et l’écoute. Je pense que cela les aide à repartir pour une année de ministère en étant renouvelés par l’Esprit Saint qui travaille dans leurs cœurs pendant ces quelques jours de retraite. Et moi, je suis un peu comme le corbeau du prophète Elie, je leur donne la nourriture le matin et le soir et c’est l’Esprit Saint qui fait l’essentiel.

Festival d’Avignon :

Alors que les autres années j’avais du mal à être présent, cette année j’y serai du 11 au 20 juillet. J’aurai beaucoup de joie de participer au Festival car j’ai beaucoup de respect pour cette humanité qui s’interroge sur son sens. Le Festival d’Avignon c’est d’abord et avant tout, tous ces hommes qui, à travers leur spectacle, cherchent à mieux comprendre le sens de notre humanité aujourd’hui. C’est souvent un peu chaotique mais c’est très beau de voir, d’entendre, de pouvoir partager avec les acteurs. Je rends grâce pour le Parvis d’Avignon qui se met en place dans la chapelle des Italiens et puis pour la Présence chrétienne qui, à travers des spectacles, de l’évangélisation, une présence chrétienne dans nos églises, accueillent les personnes qui passent. Cette année, ce sera un peu réduit à cause des JMJ, car les communautés qui, habituellement venaient, ne seront pas aussi nombreuses que d’habitude. Cependant, l’essentiel est qu’ il y a une vraie volonté de vouloir annoncer Jésus Christ dans le cadre du Festival d’Avignon !