Que cherchez-vous ? (cf Jn 1, 35-42)

1er février 2003

“Que cherchez-vous ?” Cette question est importante, ce sont même les premiers mots prononcés par Jésus dans l’évangile de Saint Jean. Ces mots continuent à résonner à travers l’histoire et ils viennent nous rejoindre : “Que cherchez-vous ?”

Jésus demande aux deux disciples de Jean Baptiste qui le suivent : “Que cherchez-vous ?” Il fait appel au désir profond de ces hommes. Que cherchons-nous ? Pourquoi sommes-nous là, à marcher à la suite de Jésus ? Quels sont les désirs qui habitent notre cœur ? La réponse jaillit, étonnante, ils ne lui demandent pas ce qu’il faut faire pour avoir la vie éternelle ou quel est le plus grand commandement, non ils lui demandent : “Rabbi, où demeures-tu ?” et Jean prend soin de traduire le mot hébreu de Rabbi car cette réponse, chacun de nous est invité à la faire sienne : “Maître, où demeures-tu ?”

Le désir de ces hommes n’est pas de savoir mais d’être avec lui. Nous portons tous en nous ce désir de voir Dieu, de demeurer avec lui : “Maître, où demeures-tu ?” Et Jésus répond non pas en nous disant où il demeure, mais en nous disant : “Venez et voyez” Les mots sont pesés, ils nous invitent à suivre Jésus et à voir où il demeure. Jésus nous invite à faire l’expérience de cet être avec lui dont nous avons le désir.

Aucune parole, aucun discours n’accompagnent cette première rencontre : “Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là”. Cette rencontre est la première d’une longue série qui conduira ces deux hommes, qui nous conduira, non plus “à demeurer auprès de lui” mais “à demeurer en lui” et “lui en eux”.

“Que cherchez-vous ?” Cette première question de Jésus nous la retrouvons dans l’Évangile de Jean au début du récit de la passion, au moment où la troupe et les gardes, avec torches, lampes et armes, entrent dans le jardin, Judas à leur tête, et s’approchent de Jésus qui est là, entouré de ses disciples : Par deux fois, Jésus leur demande : “Qui cherchez-vous ?” Ils répondent en chœur : “Jésus de Nazareth !” Alors, Jésus mystérieusement leur déclare : “Je suis”. Lui, l’homme de Nazareth, s’approprie le nom de Dieu révélé à Moïse sur la montagne : “Je suis”. Quel mystère ! Si vous voulez voir Dieu, il vous faut entrer dans le jardin et suivre Jésus sur le chemin du calvaire. La croix est le chemin de la rencontre avec Dieu, le chemin de l’intimité divine.

Enfin, au matin de la résurrection, Jésus une nouvelle fois nous pose la question : “Qui cherchez-vous ?” Marie de Magdala est en pleurs, le corps de son Seigneur a disparu, mais le ressuscité est là devant elle et lui demande : “Femme, pourquoi pleures-tu, qui cherches-tu ?” Nous connaissons la réponse de Marie : “Si c’est toi qui l’as pris...”. Alors Jésus lui dit : “Marie !” et elle de répondre : “Rabbouni” ce que Jean traduit de nouveau pour que ce cri devienne le nôtre.

Marie est venue au tombeau pleurer un mort, mais Jésus est vivant et l’invite à un tête à tête merveilleux : “Marie !” “Rabbouni !” Comme Marie de Magdala, bien souvent nous cherchons Jésus parmi les morts, mais il est vivant, il nous précède dans nos vies quotidiennes, c’est là que nous le rencontrerons.

Il est là en moi ! Il est là ! Par la foi, je peux le toucher, je peux m’unir à lui, ne faire plus qu’un avec lui à chaque instant. Chacun de nous est invité à vivre cette expérience de Dieu, toute simple : viens et vois ! Dans le Nazareth de nos vies quotidiennes, ne soyons pas comme Nathanaël qui se demande ce qu’il peut en sortir de bon, au contraire livrons-nous à ce Dieu qui nous aime à ce point qu’il veut cheminer avec nous, au quotidien de nos vies.

+ Jean-Pierre Cattenoz
1er février 2003