Tous missionnaires !

octobre 2004

L’image du missionnaire a bien changé depuis quelques années car la réalité missionnaire elle-même a changé, nous le sentons bien. Nos diocèses sont devenus des terres de mission et celle-ci nous concerne tous.

Tout commence par une rencontre. Il m’a appelé par mon nom pour me dire : “Je t’aime, tu as du prix à mes yeux, laisse-toi aimer !” J’ai entendu sa voix et ma joie est de prendre du temps pour écouter sa parole et l’accueillir, la laisser accomplir son ouvre en moi, la laisser prendre chair en moi. Avec le regard de la foi, je l’ai vu, il est là au plus profond de moi, je peux demeurer en sa présence. Sa lumière illumine mes ténèbres : il est là ! J’ai touché, j’ai expérimenté jusqu’au plus profond de ma chair sa puissance de guérison. Il m’a dit : “Lève-toi et marche !” En même temps, je ne cesse de toucher du doigt ma faiblesse, ma misère, ma pauvreté, mais comme à Paul, Jésus me murmure : “Ma grâce te suffit : car ma puissance se déploie dans la faiblesse !”.

Enfin, je ne cesse d’expérimenter la puissance divine à l’ouvre dans ma vie. Certes, il n’y a pas de supermarché de la grâce, mais Dieu me donne tout ce dont j’ai besoin à chaque instant, rien que pour aujourd’hui !

Dieu s’est manifesté, il est vivant dans ma vie et j’en suis le témoin. Comme une source d’eau vive sa présence jaillit et bouillonne, je ne peux que la laisser déborder pour la donner à mes frères. Comme une flamme qui dévore le berger, le feu de son amour brûle dans mes veines, dans mon cour pour se répandre et se communiquer. Sa présence en moi creuse un désir qui se développe et grandit, oui “Malheur à moi si je n’évangélise pas !”.

Je ne peux pas garder un tel trésor pour moi, il faut le partager pour que tous puissent expérimenter la présence et la puissance de Celui qui est source de vie, de Celui qui est le chemin, la vérité, la vie ! A tous mes frères et soeurs, je voudrais dire comme autrefois Philippe à Nathanaël : “Viens et vois !” Peut-être me diront-ils : “Mais que peut-il sortir de bon de vos églises aujourd’hui ?” Alors, je les prendrai par la main, comme un ami prend son ami par la main. Nous irons ensemble nous asseoir aux pieds de Jésus. Et là, dans le silence de l’adoration et dans l’écoute du cour, ils pourront l’entendre leur dire : “Que cherchez-vous ?” Et le dialogue d’autrefois se reproduira : “Maître, où demeures-tu ?” - “Venez et voyez” - et ils viendront et ils demeureront avec lui. Et ma joie sera grande, et ma joie sera complète, “Il faut qu’il grandisse et que je diminue !

Une bonne nouvelle pour finir : fin octobre et début novembre, nous aurons la joie d’accueillir les reliques de la petite Thérèse, de la patronne des missions dans notre diocèse. Elles seront à la Métropole le jour de la Toussaint et nous pourrons entendre Thérèse nous redire : “La Charité me donna la clef de ma vocation [...] Je compris que l’Amour seul faisait agir les membres de l’Église, que si l’Amour venait à s’éteindre, les Apôtres n’annonceraient plus l’Évangile [...] Je compris que l’Amour renfermait toutes les Vocations, que l’Amour était tout [...] Alors dans l’excès de ma joie délirante je me suis écriée : Ô Jésus mon Amour. Ma vocation enfin je l’ai trouvée, ma vocation, c’est l’Amour !...” (Manuscrit B)

+ Jean-Pierre Cattenoz
Octobre 2004