Une lecture pour le carême : la première encyclique de Benoît XVI

1er mars 2006

Mot de l’évêque - Église d’Avignon n° 17 - mars 2006

Pendant ce temps de carême, comment ne pas vous encourager tous à lire et à méditer la première encyclique que vient de nous donner le saint Père. Lui-même écrit en introduction : “Dans ma première encyclique, je désire parler de l’amour dont Dieu nous comble et que nous devons communiquer aux autres” (n°1).

Nous sommes ainsi invités à contempler l’amour qui jaillit du cœur de la Trinité sainte : amour de création qui devient amour de miséricorde face au drame qui a déchiré notre humanité et dont nous sommes encore les victimes aujourd’hui.

Cet amour de miséricorde nous rejoint dans le don que le Père nous a fait de son Fils et nous pouvons contemplant les torrents d’amour qui ne cessent de jaillir du cœur transpercé de Jésus sur la Croix pour nous donner la vie.

Mais écoutons de nouveau le saint Père : “Nous avons cru à l’amour de Dieu : c’est ainsi que le chrétien peut exprimer le choix fondamental de sa vie. À l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une personne qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive” (n°1).

Dans une première partie, le saint Père nous invite à contempler l’amour “que Dieu, de manière mystérieuse et gratuite, offre à l’homme” et le lien de cet amour avec l’amour humain car l’amour est au cœur de toute vie humaine.

Ensuite, le saint Père s’arrête longuement sur la pratique ecclésiale du commandement de l’amour pour le prochain. Il souligne le lien inséparable entre l’amour de Dieu et l’amour du prochain : “Ils s’appellent si étroitement que l’affirmation de l’amour de Dieu devient un mensonge si l’homme se ferme à son prochain ; “Aimer son prochain est aussi une route pour rencontrer Dieu et fermer les yeux sur son prochain rend aveugle aussi devant Dieu” (n°16).

L’amour du prochain s’illumine de l’amour même de Dieu : “L’amour du prochain consiste précisément dans le fait que j’aime aussi, en Dieu et avec Dieu, la personne que je n’apprécie pas ou que je ne connais même pas […]. J’apprends alors à regarder cette autre personne non plus seulement avec mes yeux et mes sentiments, mais selon la perspective de Jésus Christ. Son ami est mon ami”.

En réalité le commandement de l’amour de Dieu et du prochain est un unique commandement. L’amour de Dieu et l’amour du prochain se nourrissent de l’amour prévenant de Dieu qui nous a aimés le premier : “Il n’est plus question d’un “commandement” qui nous prescrit l’impossible de l’extérieur, mais au contraire d’une expérience de l’amour donnée de l’intérieur, un amour, qui, de par sa nature, doit par la suite être partagé à d’autres. L’amour grandit par l’amour. L’amour est “divin” parce qu’il vient de Dieu et qu’il nous unit à Dieu, et, à travers ce processus d’unification, il nous transforme en un Nous, qui surpasse nos divisions et qui nous fait devenir un, jusqu’à ce que, à la fin, Dieu soit “tout en tous”” (n°18).

Enfin, le saint Père apporte l’éclairage de l’amour à l’ensemble des points traités dans ce numéro d’Église en Avignon touchant au travail et à la doctrine sociale de l’Église. Nous aurons tout à gagner à nous nourrir de ce très beau texte du saint Père.

Bon carême à tous !

+ Mgr Jean-Pierre CATTENOZ
Mars 2006