Vivre en l’Eglise aujourd’hui (1)

19 octobre 2002

“Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi, vous soyez en communion avec nous. Et notre communion est communion avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ.” (l Jn 1,3)

L’amour du Christ nous presse à vivre plus intensément et en vérité notre fraternité en Christ. Le Père nous a donné son Fils, il est devenu notre frère en humanité pour faire de nous ses frères au coeur de la famille de Dieu. Les premiers chrétiens ont forgé ce beau nom de Fraternité pour dire ce qu’ils vivaient. Il nous faut sans cesse réapprendre à vivre en Église cette fraternité en Christ, et chercher, à la lumière de la Parole de Dieu, à entrer plus profondément dans le mystère de l’Église. Je vous propose donc une série de réflexions sur quelques-unes des grandes dimensions de l’Église (nouveau peuple de Dieu, corps du Christ, temple de l’Esprit, famille de Dieu, mystère de communion, la mission), chacune sera suivie d’un questionnaire pour nous aider éventuellement à poursuivre notre réflexion sur un plan personnel ou communautaire.

L’Église, nouveau peuple de Dieu

Mis en présence de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, saisis à la racine de notre existence, notre vie en a été transformée ; nous avons découvert que Dieu, source de vie, a voulu faire alliance avec nous pour faire de nous son peuple.

En Jésus-Christ, mort et ressuscité, Dieu est devenu l’un de nous et la longue histoire du Peuple de Dieu est devenue notre histoire : “Voici venir des jours, dit le Seigneur, où je conclurai avec eux une alliance nouvelle au fond de leur être et je l’écrirai sur leur coeur. Alors, je serai leur Dieu, et eux seront mon Peuple” (Jr 31,31-34). Nous en avons fait l’expérience et nous en avons la conviction : le nouveau peuple de Dieu rassemblé en Jésus-Christ est ouvert à l’humanité tout entière.

Aujourd’hui encore, Dieu voit la misère de son Peuple et il vient pour le libérer de tous ses esclavages et l’appeler à marcher à sa suite. Ce ne sont plus les Douze tribus d’Israêl qu’il appelle, mais tous les peuples de la terre : “Il n’y a ni Juif, ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme, car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus” (Gal 3, 28). Il ne cesse de rassembler son Peuple pour faire alliance avec lui et tisser entre lui et nous des liens de tendresse et d’amour. Cette histoire est un long chemin marqué par bien des défaillances, des trahisons, des infidélités ; aujourd’hui encore, nous sommes un “peuple à la nuque raide” (Ex 34, 9), mais Dieu ne cesse de nous appeler à la conversion et à la vie. Il veut faire de son Peuple le signe et la manifestation de son projet universel de libération et de réconciliation.

Aujourd’hui, dans notre diocèse, nos communautés chrétiennes sont appelées par Dieu, convoquées par lui pour être son Peuple, un peuple ouvert à tous. En Jésus, Dieu a conclu avec l’humanité une nouvelle alliance pour nous conduire sur un chemin de vie nouvelle. Tout homme peut devenir membre de ce Peuple par une nouvelle naissance, c’est-à-dire par la foi au Christ et le baptême ; plongés dans la mort du Christ, nous devenons tous frères du Christ, laïcs, prêtres et évêque, enfants du Père, d’une fraternité plus forte que nos liens de sang.

Ce Peuple n’a pas d’autre loi que le commandement nouveau d’aimer comme le Christ nous a aimés. Il n’a d’autre Chef et Pasteur que le Christ toujours vivant au milieu de lui. Il a pour mission de vivre en témoin et en artisan de cette nouveauté de vie dans le Christ.

Ainsi, nous recevons une nouvelle identité personnelle et sociale, de nouveaux chemins de communion et de nouveaux liens de parenté se créent. L’Église, Peuple de Dieu rassemblé en Jésus-Christ restaure le tissu fraternel et communautaire. Elle nous invite au pardon et à la réconciliation, à l’amour mutuel qui transcende tous les clivages. Elle est le lieu où se rassemblent tous les enfants de Dieu à quelque famille qu’ils appartiennent. Vivant au coude à coude avec tous nos frères les hommes, partageant leurs joies et leurs souffrances, nous avons àtémoigner ensemble du ferment évangélique à l’intérieur de la communauté humaine pour que les hommes puissent devenir plus hommes et déployer toutes les richesses de leur humanité selon le projet de Dieu.

+ Jean-Pierre CATTENOZ
19 octobre 2002

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