Mot de l’évêque

15 mars 2016

RCF, 11 mars 2016

Béatification du Père Marie-Eugène de l’Enfant Jésus :

La congrégation pour la cause des Saints a donné, il a une dizaine de jours, son feu vert en acceptant la validation du miracle qui a eu lieu. Et voilà, que sans attendre, le Saint Père a, à son tour, validé l’autorisation de la béatification du Père Marie-Eugène, avec cette particularité que deux Saints du Carmel vont être soit béatifié (Père Marie-Eugène) soit canonisé (Élisabeth de la Trinité).

C’est une joie pour le diocèse, mais je crois aussi un cadeau fait à l’Église pour donner en modèle cet homme qui a mis en lumière les soubassements de la vie spirituelle, fondamentale pour tous les baptisés et pas seulement pour les religieux et religieuses, ainsi que que les prêtres. Tous les baptisés son appelés à découvrir la présence et l’action de l’Esprit Saint en eux, et à cheminer sur un chemin de sainteté.
Comme Thérèse d’Avila a été déclarée Maîtresse de vie spirituelle, le Père Marie-Eugène nous donne une synthèse de vie spirituelle à la lumière de l’ensemble des Saints du Carmel ; son œuvre majeure, le livre « Je veux voir Dieu » a été donné en conférence publique, chapitre par chapitre, par lui-même à Marseille ; et pour chaque chapitre, il relisait l’ensemble des œuvres des Saints du Carmel : Thérèse d’Avila, Jean de la Croix, et Thérèse de l’Enfant-Jésus. Ce n’est qu’après ces conférences que tout a été rassemblé dans 2 volumes, puis un seul volume.
Le Père Marie-Eugène a eu tout un enseignement pour les membres de l’Institut, pour les différents groupes qui passaient à Notre-Dame de Vie. Lui-même est également allé faire pendant des années, des conférences au Canada ; cet enseignement est accessible à tous les chrétiens de base pour arriver à découvrir la richesse de leur vie baptismale.

Réouverture de la Métropole

La Métropole, cathédrale du diocèse d’Avignon, appartient à l’État et est gérée par l’État sur le plan matériel. L’ouverture du chantier a eu lieu il y a 2 ans et demi, et pour permettre aux services de l’État de travailler plus efficacement, on avait donné notre accord pour la fermeture au culte de la métropole Notre-Dame des Doms. Les travaux touchant à leur fin, nous commençons par une inauguration civile pour remercier tous les services de l’État qui ont participé à cette œuvre de restauration.

Il y a une loi de 1905 pour les églises communales et 1926 pour les cathédrales : les églises sont normalement propriétés des communes, et les cathédrales, propriétés de l’État ; elles sont remises au culte catholique pour leur usage en fonction des offices et de la vie des communautés chrétiennes. Ainsi, l’affectataire est le seul qui puisse agir comme responsable à l’intérieur de l’édifice. En effet, la loi d’affectation est très précise ; par exemple, les maires n’ont le droit d’entrer dans l’église sans l’accord du curé que pour sonner le tocsin et remonter l’horloge municipale ; pour le reste, ils doivent avoir recours au curé pour savoir s’ils peuvent faire des choses dans l’église. De même, à l’intérieur de la cathédrale, le préfet ne peut rien faire dans la cathédrale sans l’accord de l’évêque.
Personne ne peut travailler dans une église sans l’accord de l’affectataire, et cela se traduit de manière concrète : par exemple, il y a 3 ans le ministre de la culture avait demandé au curé de Saint-Agricol et de l’Oratoire, la mise à disposition de la chapelle de l’Oratoire pour un concert et une exposition. Après avoir observé le contenu de l’exposition, le curé m’a appelé en me disant que ce projet n’était pas fait pour une église dédiée au culte ; j’ai répondu au ministre de la culture moi-même pour lui dire qu’il devait connaître mieux que moi les règles d’affectation des églises et que, dans le diocèse d’Avignon, on avait bien précisé les modalités d’utilisation pour une exposition et que son exposition, ne répondant pas à ces normes-là, nous ne pouvions pas mettre à disposition cette chapelle ; en même temps, je lui ai signalé qu’il y avait une église désaffectée à proximité, et l’exposition s’est faite là-bas.

Conférence des évêques de France à Lourdes

Nous avons 2 sessions par an : une en mars ou avril et la grande session début novembre. Cette session de printemps plus courte a été voulue de manière à regarder tout ce qui est élections dans les différents services de la Conférence pour que les gens élus commencent leur mission à la rentrée pastorale suivante et que nous ne soyons pas obligés de démarrer des choses en novembre ou décembre. A cette session, ne sont pas présents les évêques qui viennent des territoires et départements d’outre-mer. Donc une Conférence un peu plus réduite mais toujours le lieu d’une collégialité très belle : on partage, on écoute autour de nombreux sujets, de manière fraternelle.

D’autre part, une fois par trimestre, les évêques de la Province (PACA ainsi que l’archevêque de Monaco) se retrouvent pour étudier les différentes questions qui touchent à la vie de notre Province. Cette fois-ci nous avions un sujet extrêmement intéressant : la simplification des dossiers concernant les mariages ; en effet le Saint Père a voulu une simplification des procédures concernant les reconnaissances de nullité de mariage, sous forme judiciaire ; donc avec l’officialité des tribunaux ecclésiastiques de la Province, on a réfléchi sur la manière dont nous allions mettre cela en œuvre dans notre Province. Nous avons la chance d’avoir plusieurs docteurs en droit canonique ou des prêtres ayant une licence ou une maîtrise en droit canonique ; avec eux, on va pouvoir maintenant réfléchir pour mettre en place cette formule brève qui ne sera pas une formule moins sûre ; on ne va pas décider sans étude précise, mais il y aura la possibilité si tout le monde est d’accord et si les choses sont claires, d’aller plus vite pour des reconnaissances en nullité de mariage.