Mot de l’évêque - RCF, 24 juin 2016

27 juin 2016

Voyage au Liban :

Depuis plusieurs années, je vais passer une dizaine de jours au Liban pour travailler avec une association de personnes atteintes de handicap. Et, pendant mon séjour, je transmets la Parole de Dieu à des jeunes et des adultes atteints de handicap. Ce sont des jeunes, qui ont appris à sortir d’eux-mêmes, à découvrir la richesse de tout être humain ; ils prennent la Parole de Dieu, ils La boivent comme des éponges ; et je suis émerveillé de voir des jeunes de 25/30ans qui connaissent merveilleusement bien la Parole de Dieu et qui en vivent.

La Parole de Dieu, ici chez nous, n’a pas trop de place. Après Vatican II sont nés une multitude de groupes bibliques qui sont morts assez rapidement ensuite . Aujourd’hui, combien de temps, chaque chrétien passe-t-il, assis aux pieds de Jésus, à écouter sa Parole, à se laisser enseigner par Lui, à laisser cette Parole prendre corps dans sa propre vie ? Être chrétien, c’est se laisser habiter par le Christ. Personnellement, je tiens à prendre chaque jour un temps conséquent pour ruminer la Parole. Il est important de se laisser habiter par la Parole car dans l’Évangile de Saint Jean, je ne cesse d’entendre que le Verbe s’est fait chair et qu’Il a habité parmi nous. Il faut que la Parole prenne chair en chacun de nous. Chaque fois que j’ouvre l’Évangile, c’est Noël pour moi, car le Verbe prend chair dans ma vie !

Actualités  :

On entre dans une période où le terrorisme est devenu une réalité quotidienne. Quand je traverse Beyrouth, il est étonnant de voir qu’au bout de chaque rue où se trouve le hezbollah, il y des contrôles pour éviter que des gens entrent dans la rue avec des bombes. Il est surprenant de voir des villes barricadées.
La solution la plus radicale c’est de se demander comment je vis, ce qui fait ma vie, ce qui lui donne du sens. En occident, nous avons un mode de vie qui consomme 90 % du bien matériel de la société et du monde, alors que 10 % se partagent le reste. Il ne faut pas s’étonner si nous avons des afflux de réfugiés ; les flux migratoires, auxquels on assiste aujourd’hui,ne sont pas pris au sérieux.

Concernant l’accueil des réfugiés, une paroisse dans le diocèse a accueilli une famille pendant quelques heures...parce que nous, nous mettons tout en place pour accueillir, mais on ignore quel projet ont les migrants, comme pour ceux-là dont le projet était davantage de se rapprocher de Londres ou de l’Angleterre.
On s’est dit que nous aussi à l’évêché, on se devait d’accueillir des migrants. Il a été très difficile de trouver la méthodologie. Aujourd’hui, on s’aperçoit que le plus simple est de travailler avec l’office national des demandeurs d’asile ; eux accueillent tous les demandeurs d’asile et les suivent et accompagnent en pouvant les accueillir 2 mois dans leur propre service ; cependant, les responsables du service national reconnaissent avoir besoin de les accompagner plus longtemps et à ce moment-là, il n’y a plus de solution pour l’hébergement. Une sorte d’ONG dirigée originellement par des Jésuites, a cherché comment on pouvait accompagner ces familles ou individus ; ainsi, eux accueillent, dans des familles, une personne que l’office national leur confie pendant 1 mois pour son hébergement. Dans ce cadre-là, nous, nous servons de relais quand l’office national des demandeurs d’asile ne sait plus où mettre les personnes, et nous faisons cela humblement, petitement. Aujourd’hui, à la maison diocésaine, pendant le Ramadan, il y a un appartement qui reste allumé jusque très tôt dans la matinée avec une personne qui vit là tout seul, après être resté 2 mois dans une famille ; je dois rencontrer prochainement cette personne.

Festival d’Avignon :

J’aime le festival d’Avignon car l’humanité s’interroge : quel est le sens de l’homme, son avenir ? Et le but du festival est de rassembler tous les gens qui se posent des questions sur l’homme et sur la société. Je trouve cela génial, avec tous les débordements que cela peut représenter, parce qu’on est dans une société qui a perdu le nord. Il est merveilleux de pouvoir participer à ce genre de réflexion . Nous, les chrétiens, ne représentons pas grand-chose dans la société, mais nous agissons à travers nos églises, une présence chrétienne dans l’art, pour oser dire, dans la rue, que le Christ est vivant ! C’est notre manière d’évangéliser le festival, de dire à l’homme que sa vie a un sens parce que Jésus Christ est venu lui redonner son véritable sens.

Nominations  : 

Elles se finiront au mois de septembre ; mais de fait, c’est un travail d’équilibriste car, on a maintenant un presbytérium composé à 50 % de prêtres venant d’autres Églises ; et donc, chaque année, il y a ceux qui repartent, et ceux qui arrivent, ceux dont on ne sait pas s’ils vont pouvoir arriver. On va faire Église avec toutes les forces que l’Esprit Saint nous envoie !