Sur le chemin du calvaire jusqu’à l’aube de Pâque

1er avril 2010

Avec toute la foule en liesse, rameaux à la main,
nous avons acclamé Jésus qui entrait à Jérusalem
 : voilà notre roi et notre sauveur ! Mais l’heure
est venue pour Jésus de passer de ce monde vers
le Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les
aima jusqu’à la fin. Ses disciples ont préparé la Pâque, mais
voilà que Jésus annonce que l’un d’entre eux va le livrer, la
tristesse les envahit tous et la joie de la Pâque devient souffrance
devant les paroles du Maître. Cependant, le coeur de
Jésus tressaille de cette joie profonde qui l’habite : faire jaillir
pour le monde et pour chacun d’entre nous les sources de la
vie, les sources de l’amour.

Chacun de nous est invité à prendre la place du disciple bienaimé
et à venir s’asseoir à côté de Jésus, à se pencher vers
lui pour entendre battre le coeur de Dieu. Jésus prend alors
du pain et prononce la bénédiction : “Ceci est mon corps livré
pour vous
”. Il prend ensuite la coupe de vin et la bénit en la
donnant à ses disciples : “Prenez et buvez en tous, ceci est
mon sang, versé pour vous, le sang de l’alliance nouvelle et
éternelle
” . Jésus invente l’eucharistie, jamais nous n’aurions
osé imaginer un tel cadeau.

Non seulement Jésus donne sa vie pour moi, pour nous tous,
mais il m’invite, il nous invite à nous nourrir de lui, à ne faire
plus qu’un avec lui, dès maintenant. Quel mystère bouleversant
 ! Impossible pour moi d’en saisir toute la signification. Et
Jésus, en chantant les psaumes, m’invite à le suivre sur le
chemin de Gethsémani.

Je l’aperçois dans la pénombre, il souffre, des gouttes de sang
coulent sur son visage, je voudrais partager sa souffrance,
mais le sommeil me gagne et je suis incapable de prier une
heure avec lui et je l’entends me dire : “Veille et prie pour ne
pas entrer en tentation”
. Déjà j’entends les bruits des gardes
qui arrivent, ils sont là avec Judas qui, d’un baiser, trahit son
maître ! Moi aussi, Seigneur, je n’arrête pas de te trahir…
Jésus commence son chemin de Croix, il est abandonné de
tous, il est bafoué, roué de coups jusqu’au sang. Il n’a plus
figure humaine, il est là, comme une loque humaine, mais ce
sont nos péchés qu’il porte, il s’est chargé de nos infirmités.
Jésus, te voici, avec un manteau royal, un sceptre de roseau
à la main, couronné d’épines, tu es notre roi, mais de quelle
royauté s’agit-il ?
Pierre ne comprend plus, moi non plus ;
avec Pierre, je murmure moi aussi : “Je ne connais pas cet
homme
” . Les soldats apportent ton trône : une croix. Et te
voilà chargé de ta croix sur le chemin du calvaire, tu tombes et
en te regardant, je trouve la force de me relever et de te suivre.
Par trois fois, te voilà à terre, ton visage tuméfié brise le coeur
des femmes mais tu les consoles.

Arrivé au lieu du Crâne, tu montes sur ton trône et voilà que je
me prends à murmurer : Que ton règne vienne, que ta volonté
soit faite
 ; et j’aperçois la foule immense que tu attires à
toi et je me laisse attirer. Un écriteau est là, il porte la mention :
voici votre roi. Toute la foule te bafoue, se moque de toi et toi,
dans un ultime geste d’amour, tu remets l’Esprit, tu donnes
l’Esprit au monde pour qu’il organise la civilisation de l’amour.
Le soldat romain approche, il te donne le coup de grâce et il
fait jaillir de ton coeur les sources de l’amour, les sources de la
vie. Je reste là, hébété, sans comprendre. Le démon triomphe,
ta mère te reçoit et Joseph, lui qui attendait le règne de Dieu,
reçoit ton corps, le dépose au tombeau et la nuit s’étend sur
le monde.

Mais dans la nuit de Pâque, un cri se fait entendre : Voici
l’époux qui vient, sortez à sa rencontre
. Oh mort où donc est
ta victoire ? Le prince de la vie est sorti vivant du tombeau et il
m’entraîne avec lui sur le chemin de la Vie. Malheur à moi si je
n’annonce pas l’Evangile : “Jésus est vivant, il vous précède
dans la Galilée de vos vies quotidiennes, c’est là que vous le
rencontrerez
” . Oui, je ne veux rien savoir parmi vous, sinon
Jésus Christ et Jésus Christ crucifié.