À l’école de l’Esprit Saint, avec tous les saints

5 mai 2016

Bloc-Notes, mai 2016

Notre terre de Vaucluse, la terre de Dieu

Pendant ce temps de Pâque, nous voyons l’Église prendre vie, prendre corps sous la conduite de l’Esprit Saint, se structurer dans l’amour, pour répondre au projet du Père au souffle de l’Esprit. 
La sainteté n’est pas réservée à une élite, elle est, notre vocation à tous, au titre même de la grâce de notre baptême. Baptisés dans le Christ, nous sommes appelés à nous laisser configurer à lui, habiter par lui, identifier à lui.

De toute éternité, le Père nous a choisis pour que nous soyons saints en sa présence dans l’amour  ! Bien sûr, cette vocation nous dépasse totalement, mais l’amour de Dieu a été répandu en nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné (cf. Rm 5, 5). Et ce même Esprit est toujours prêt à venir au secours de notre faiblesse. Un saint est d’abord et avant tout un baptisé qui se laisse habiter et conduire par l’Esprit Saint.

Aujourd’hui, je voudrais me tourner vers nos frères et sœurs aînés, les Saints de notre diocèse, ils ont aimé et connu notre terre de Vaucluse. Ils portent dans leur cœur le désir de voir grandir la foi entre Rhône et Durance, du Ventoux au Lubéron. Ils sont prêts comme des frères aînés à nous montrer le chemin de la sainteté, n’ayons pas peur de les tirer par la manche pour leur demander leur aide.

Notre terre de Vaucluse a été très tôt appelée à la foi par ces témoins du Christ, frères ou disciples de Pothin, de Blandine ou d’Irénée qui, traversant notre pays, y ont annoncé l’évangile et lancé l’appel à une vie nouvelle dans le Christ, tels saint Andéol et saint Ruf.

Les siècles suivants ont forgé ces témoins vigoureux de notre passé chrétien, pasteurs attentifs, défenseurs des pauvres et gardiens de la foi dont la mémoire demeure vivante dans nos communautés chrétiennes : Terre de saint Eutrope et de saint Florent, de saint Quenin, de saint Castor et de saint Véran, de saint Siffrein et de saint Agricol, et de bien d’autres encore qui ont fait de notre terre de Vaucluse la terre de Dieu.

Terre où put éclore saint Gens, l’ermite du Beaucet appel vivant à la foi et à la conversion. Terre qui accueillit un jour saint Bénézet faiseur de ponts pour qu’il nous soit donné de passer de l’empire des hommes au Royaume de Dieu.

Terre qui devint le cœur de la chrétienté où, dans les remparts d’Avignon, se côtoyèrent le saint et le pécheur, le pape Seigneur et le pape Serviteur tel le bienheureux Urbain V. Pendant ce temps, à Ansouis, saint Elzéar de Sabran et la bienheureuse Delphine vivaient dans le mariage leur vocation à la sainteté.

L’appel de Dieu retentit de nouveau et prit visage humain dans la figure du bienheureux Pierre de Luxembourg. Quelques siècles plus tard, le bienheureux César de Bus prenait le relais de cette longue chaîne des saints de chez nous. La terre de Vaucluse devait encore s’imprégner du sang des martyrs de la révolution, martyrs anonymes ou bienheureuses martyres d’Orange, de Bollène, de Caderousse et d’ailleurs. Aujourd’hui, l’Église s’apprête à reconnaître la sainteté du Père Marie-Eugène de l’Enfant Jésus, un carme, fondateur de l’Institut Notre-Dame de Vie, il sortira sur le balcon du Paradis avant la fin de cette année pour nous rappeler, à la suite de la petite sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, l’évangile au quotidien, un chemin de sainteté simple et rapide : redevenir des petits enfants sous la conduite de l’Esprit Saint, avec Marie pour Mère et avec tous les saints du Carmel, la Madre Thérèse d’Avila, Jean de la Croix et tous les autres.

Quel mystère que celui de la Communion des Saints  ! Ensemble, nous formons une grande famille, la famille des enfants de Dieu et nous sommes solidaires les uns des autres. N’ayons pas peur de les prier, non pas à nos intentions à nous, mais à leurs intentions à eux touchant notre Église de Vaucluse. Ils savent bien mieux que nous ce qui est le meilleur pour nous. Ils forment la frange par laquelle notre Église de la Terre est en contact direct et permanent avec l’Église du ciel. Ils ont même reçu de Dieu une mission toute particulière, celle d’intercéder pour nous, celle de nous préparer à entrer à notre tour dans la plénitude de la Vie en commençant dès maintenant à vivre de la charité du Christ.

Nous pourrions encore visiter tous les sanctuaires de notre terre de Vaucluse où est honorée la Vierge Marie, elle qui a dit «  oui  » et qui ne cesse de nous redire : «  Faites tout ce qu’il vous dira  » : Notre-Dame d’Aubune, Notre-Dame des Doms, Notre-Dame de Vie, Notre-Dame de Santé et Notre-Dame de Grâce, Notre-Dame des Vignes et Notre-Dame de Lumière.

Tous nos saints, et la Mère de Dieu elle-même, nous invitent à tourner résolument nos regards vers le Christ  ; nous tous qui avons été baptisés dans le Christ nous avons revêtu le Christ. Laissons-le prendre chair dans nos vies, laissons sa lumière resplendir et rayonner au cœur de nos vies.

En cette année du grand jubilé de la Miséricorde, comment ne pas recevoir comme un appel fort à vivre toujours davantage de la Miséricorde  ? En accueillant, pour nous en nourrir, celui qui est la Parole et en recevant son corps et son sang livrés, nous communions avec lui. De cette communion avec lui découle l’exigence d’une communion authentique entre tous les fidèles et sur ce point nous avons à nous interroger : vivons-nous en communion les uns avec les autres dans une charité vraie  ? Sommes-nous vraiment des artisans d’unité et de communion  ?

De notre communion avec le Christ et entre nous découlent tous les autres éléments de notre vie chrétienne «  l’engagement à annoncer et à témoigner de l’Évangile, l’ardeur de la charité envers tous, envers les pauvres et les petits tout spécialement  ». Devenus, par miséricorde, membres du Christ, nous avons à trouver et à tenir notre place dans le Corps du Christ qui est l’Église.

Aujourd’hui, nous devons intercéder avec force auprès du Seigneur, auprès du Maître de la Moisson pour qu’il envoie des ouvriers à sa moisson : où sont donc ceux qu’il appelle à devenir prêtres pour notre diocèse  ? Nos familles chrétiennes ont-elles conscientes qu’elles doivent être les premières cellules d’Église où les vocations pourront germer et grandir  ? Nos établissements d’enseignement catholique ont-ils conscience qu’il leur revient d’être le terreau où les vocations pourront se développer et arriver à maturité  ? Les chefs d’établissements catholiques sont-ils des premiers de cordée qui entraînent tous les jeunes qui leur sont confiés à la rencontre du Christ au souffle de l’Esprit  ? Sommes-nous conscients que nous serons tous redevables des vocations qui auront été étouffées faute de soins  ? Au jour d’aujourd’hui, je ne sais pas comment chaque secteur paroissial pourra avoir un pasteur l’an prochain  !

Confions tout cela à celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie, le Maître de l’impossible, et à celle qui ne cesse d’engendrer l’Église dans la puissance de l’Esprit Saint de génération en génération. Que l’Esprit Saint, l’Esprit de Pentecôte fasse grandir notre communion diocésaine entre laïcs, consacrés, diacres, prêtres et évêque  ! C’est la condition indispensable si nous voulons continuer à porter du fruit au cœur de notre terre de Vaucluse, un fruit de sainteté pour la gloire de Dieu.

+ Jean-Pierre Cattenoz
Archevêque d’Avignon

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