Mot de l’évêque

17 mars 2015

RCF, 13 mars 2015

Elections départementales

L’Eglise a un devoir de réserve : il ne nous appartient pas de dire aux chrétiens pour qui ils doivent voter. Il nous appartient de leur rappeler la nécessité de participer aux votes (alors même qu’il y a quelquefois plus de 50% ou 60% d’abstention). S’abstenir, c’est laisser une minorité prendre les grandes orientations du pays. Nous avons tous le devoir de voter. Comment voter ? Là, c’est laissé à la liberté de chacun, mais en invitant les uns et les autres, à réfléchir sur les enjeux du vote, se renseigner sur les candidats, regarder leur programme afin qu’il soit le moins mal en cohérence avec la lumière de l’Evangile. Et quand tous les partis seraient favorables à des choses incohérentes avec l’Evangile, il faudrait alors pratiquer la méthode du moindre mal. C’est-à-dire prendre position pour le parti ou la personne avec le programme le moins mauvais, compte tenu des conditions.

Fin de vie

Nous avons eu les discussions et le vote à l’Assemblée Nationale sur la question de la sédation de fin de vie. Je ne peux rappeler, avec toute l’Eglise, l’importance de la vie de l’utérus au sépulcre. L’Eglise a toujours dit qu’il fallait travailler au maximum à soulager la souffrance des hommes ; et les soins palliatifs sont là pour y aider. Mais il ne nous appartient pas de décider de la mort de quelqu’un, fût-ce par la sédation prolongée.

Jubilé à Nagasaki des 150 ans de la découverte des chrétiens cachés japonais 

Il y avait eu la période des grands martyrs japonais ; suite aux représailles des autorités japonaises, plusieurs communautés chrétiennes ont continué à vivre de leur foi, d’une manière cachée. A l’arrivée des missionnaires des missions étrangères de Paris- notamment d’un prêtre venu du diocèse d’Autun- , ce prêtre a redécouvert ces crypto-communautés, communautés cachées qui vivaient leur foi, sans prêtre, sans catéchiste. Mais ils ont été fidèles au Seigneur et à la Vierge. Il y a quelques années, lors d’un voyage à Tokyo, j’ai pu aller visiter à Kyoto le musée crypto-catholique du Japon ; il est bouleversant de voir par exemple des statuettes d’une divinité japonaise, et quand vous vous approchez, vous vous apercevez que sur les chaussures ou une boucle d’oreille apparaît une croix, un poisson ou un symbole religieux chrétien pour rappeler qu’ils étaient vraiment chrétiens. Comment ne pas rendre Grâce pour ces chrétiens qui sont arrivés à survivre pendant des générations et des générations au cœur d’un pays où la foi chrétienne était absolument impossible officiellement !

Là encore, les sangs des martyrs est toujours source de vie et de renouveau pour l’Eglise et c’est toujours étonnant aux yeux du monde, mais c’est une réalité profonde dans la vie de l’Eglise depuis des siècles et des siècles.

Tout le monde a été sauvé par la Croix de Jésus Christ, mais je pense que le Seigneur permet que des hommes et des femmes soient associés à son mystère pascal…vrai mystère : comment la Vie a jailli de la Croix du Christ ? Comment élevé de terre, le Seigneur continue à attirer tous les hommes à Lui ? Aujourd’hui encore, en Irak, au Nigéria avec Boko Haram ou dans de plus en plus de pays d’Afrique ou du Moyen Orient, les persécutions sont et seront source de vie pour notre Eglise.

Voyage à Hong Kong

La communauté catholique de Hong Kong a souhaité pouvoir organiser la 1ère rencontre des Communautés Catholiques francophones d’Asie, c’est-à-dire des paroisses françaises de l’Asie. Il y aura 12 paroisses représentées à ce colloque. J’y participerai comme évêque accompagnateur. Ce sera une grande joie pour moi de pouvoir découvrir toutes les merveilles vécues dans ces communautés paroissiales, souvent difficiles, car elles ont du mal à trouver des prêtres français ou du moins francophones. Il est souvent difficile de pouvoir rejoindre l’ensemble des chrétiens qui le souhaitent ; mais je pense que nous avons une mission importante, celle de permettre à tous les Français qui vivent à l’étranger, de pouvoir continuer à vivre et à grandir dans le cœur de l’Eglise et dans la langue qui est la leur, pour eux et pour leurs enfants.

Journée des veufs et veuves du diocèse

C’est une journée fraternelle où je souhaite montrer le souci de l’Eglise de porter ceux et celles qui ont perdu un époux ou une épouse, et qui continuent à cheminer dans la foi. En lien avec toutes les catéchèses du Pape François sur les personnes âgées, il me semble important de pouvoir être présent à tous ceux et celles qui ont vécu le drame du veuvage. Cela fait 8 ou 9 ans qu’il y a cette journée et c’est toujours une joie pour moi de retrouver les uns et les autres et de continuer ensemble à se mettre à l’écoute de la Parole de Dieu et à l’écoute de ce qu’ils vivent au cœur de leur vie.

Rencontre avec les confirmands d’Orange à Notre-Dame du Laus

J’ai pu aller rejoindre leur retraite samedi juste avant leur départ. Je leur ai donné un petit mot d’encouragement et donné rendez-vous le jour de leur Confirmation.
Dans la journée, j’ai pu rejoindre également le groupe d’Avignon venu célébrer le Jubilé de Notre-Dame du Laus. Il est important de prendre conscience de la dimension de la Province ecclésiastique. Nous en avons peu conscience. Le diocèse d’Avignon fait partie de la Province PACA et nous avons la joie de nous retrouver entre évêques régulièrement, avec l’évêque de Monaco également. Nous partageons les soucis qui sont les nôtres et préparons différentes rencontres pour l’année prochaine, pour les vocations, pour la vie consacrée….
Donc joie de vivre au rythme de la Province, là au sanctuaire de Notre Dame du Laus ! J’espère que Benoîte Rencurel sera déclarée un jour bienheureuse : cela montrera l’intérêt de l’Eglise pour le message du Laus.