Mot de l’évêque

29 juin 2015

RCF, 26 juin 2015

Ordination de Julien-Paul Sobas

Une ordination, c’est toujours un moment important dans la vie d’une Eglise diocésaine. Je suis toujours émerveillé par le don que Dieu fait à son Eglise, en lui donnant les ministres dont elle a besoin. Je repensais à cette phrase de Grégoire de Nazianze : «  La mission d’un prêtre c’est de se laisser diviniser pour diviniser ses frères ». Cela montre que, comme tous les baptisés, les prêtres doivent cheminer sur un chemin de sainteté, avec leurs frères et sœurs chrétiens. Trop souvent on a mis les prêtres sur un piédestal, à part, comme s’ils ne faisaient pas partie du peuple de Dieu, alors qu’avec leurs frères, ils ont à se sanctifier, à se nourrir de la Parole de Dieu ; ils ont à grandir sur un chemin de charité, à se laisser vraiment habiter par le Christ, conduire par l’Esprit Saint ; et c’est alors seulement qu’ils pourront devenir des ministres selon le cœur de Dieu. Il est extrêmement important que tout prêtre se rappelle sans cesse qu’il a à devenir un saint et que c’est en devenant un saint qu’il pourra vraiment rayonner le Christ à travers tout son ministère. Bien sûr, les sacrements seront valables même si le prêtre ne mène pas une vie exemplaire. Il est important que le prêtre travaille à creuser son intimité avec le Seigneur, de jour en jour…en même temps que les baptisés, car la vocation est avant tout d’entrer dans la plénitude d’une vie en Christ, se laisser habiter par le Christ, avec Lui cheminer sur le chemin de la vie, être missionnaire par toute sa vie.

J’ai été émerveillé aussi par l’Evangile que nous avions pris, Evangile de la tempête apaisée, où apparaît l’image de notre Eglise, Eglise de tous les siècles : Jésus dort et se moque de la tempête qui ne cesse de déchirer l’Eglise au fil des siècles, comme si l’Eglise allait sombrer. Et voilà que le Christ se réveille, parce que les apôtres l’interpellent et Lui, paisiblement, se relève. C’est par le mystère de sa mort et de sa résurrection que l’Eglise vit. L’Eglise est sans cesse dans la tourmente la plus complète ; et, en même temps, c’est grâce au Mystère Pascal que nous vivons à chaque Eucharistie, que l’Eglise continue à sortir de la mort pour retrouver la vie dans le Christ. Ce mystère de mort permanente vers un jaillissement vers la vie nouvelle, voilà ce que nous avons à vivre sans cesse au cœur de l’Eglise. Et les prêtres sont les ministres de l’Eucharistie. Le curé d’Ars aimait à demander à ses paroissiens : s’ils venaient à rencontrer à un carrefour la Sainte Vierge, un ange et un prêtre, qui devaient-il saluer en premier. Et il répondait : « le prêtre parce que c’est grâce à lui que j’ai été baptisé, grâce à lui que je reçois l’Eucharistie, grâce à lui que je vis tous les sacrements de l’Eglise, grâce à lui aussi que je pourrai me préparer à rentrer dans l’éternité. »

Alors, rendons-nous compte de la grandeur du sacerdoce ; et en même temps, rappelons-nous sans cesse qu’avec les baptisés, le prêtre a à se sanctifier. Il y a cette belle phrase de Saint Augustin que j’aime à rappeler à tous les prêtres : « Pour vous, je suis un prêtre ou un évêque, mais avec vous je suis un baptisé et j’ai à vivre le chemin de tout baptisé »
Julien-Paul restera sur la paroisse d’Aubignan où il sera prêtre stagiaire pendant 3 ans ; et en même temps il va continuer ses études parce qu’actuellement, il est à mi-route d’une licence canonique (master 2) ; on verra ensuite s’il continuera ses études. Il faut que nous ayons au sein de note Eglise, des prêtres formés qui pourront être à leur tour, des formateurs.

Encyclique du Pape - l’expression : « écologie intégrale »

A la racine, le péché a désarticulé le lien qui unissait les hommes à la Création. Et l’écologie intégrale, c’est de permettre aux hommes de retrouver leur unité avec la Création, pour réaliser que la Création est au service de l’homme, de sa vocation, et non pas simplement au service de manière désarticulée, déshumanisée, de telle ou telle portion de l’humanité. On a joué avec le feu avec la planète, à travers un développement anarchique. Aujourd’hui, il nous faut réfléchir : comment les liens entre l’homme et la Création peuvent-ils s’harmoniser à nouveau ?


Festival d’Avignon et Présence chrétienne

Je suis toujours émerveillé par le Festival d’Avignon, non qu’il n’y ait pas quelques pièces qui m’agacent au plus haut point, mais, fondamentalement, c’est l’image d’une humanité en quête de sens, à travers l’expression de ses questions, de ses attentes. Dans les affiches qui vont fleurir sur tous les murs de la cité, nous pourrons constater encore la présence bien souvent de symboles religieux. C’est là, le sens même le plus profond de cette quête de l’homme qui cherche à savoir le sens de sa vie, de son être le plus profond. A ce titre-là, l’Eglise se doit d’être présente. Elle l’est de plus en plus, comme le Parvis des Gentils, qui va progressivement se développer dans l’ancienne église de la mission italienne. Donc le Frère Samuel et Foi et Culture vont pouvoir développer ce Parvis des Gentils pour rejoindre l’humanité d’aujourd’hui.

Foi et Culture, c’est aussi les Messes du Festival, les Mardis du Festival ; et à ce titre-là, des ponts se créent entre les artistes et l’Eglise, à travers des temps de réflexion et de partage.
Et puis, il y a également tous les missionnaires qui vont arpenter la ville pour annoncer Jésus Christ, au milieu de toute cette foule, il est important qu’il y a ait des gens qui puissent annoncer Jésus d’une manière très profonde au cœur de notre humanité.

Je ne serai présent que 3 jours, puisque je vais partir au Liban une dizaine de jours pour des prédications. Ce n’est qu’après que je resterai quelques jours au Festival, avant de repartir pour la République Démocratique du Congo, car le Cardinal Sarah a demandé à l’AED de financer un voyage à Bukavu pour que je puisse prêcher une retraite à des prêtres de ce diocèse. Ce sera une joie pour moi de travailler à la formation spirituelle et permanente de prêtres.
Ensuite, j’aurai la joie d’aller me reposer à Ceillac, lieu que je connais bien depuis 30 ans ; je pourrai marcher en montagne pour refaire mes forces avant d’attaquer une nouvelle année pastorale.