Mot de l’évêque

27 septembre 2015

RCF, 25 septembre 2015

Comment va l’enseignement catholique en Vaucluse ?

Sur des copies d’élèves, on marquerait « Peut mieux faire ! ». De belles choses se vivent mais nous sommes loin encore d’avoir un enseignement catholique qui réponde vraiment à ce que l’Eglise nous montre comme lumière en marchant à la suite de Jésus. Il est vrai que nous sommes dans un monde où il y a une déchristianisation profonde de toute la région provençale, comme d’ailleurs dans toute l’Europe ; et il nous faut trouver la manière de faire une véritable première annonce à tous les élèves que nous accueillons dans nos établissements. Il serait important également que l’ensemble des écoles aient conscience d’être catholiques et que les élèves puissent vraiment creuser avec les enseignants pourquoi ils sont dans un établissement catholique et quelle est la caractéristique particulière de l’enseignement catholique et de ce qu’on essaie de transmettre aux jeunes.
Et à cause des accords Lang- Cloupet et autres de ce genre, on assiste à l’étouffement progressif de l’enseignement catholique.

Voyage du Pape aux Amériques

La mission du Pape n’est pas forcément d’être écouté, mais c’est d’annoncer à temps et à contretemps la Bonne Nouvelle de l’Evangile, d’annoncer Jésus Christ. On a un Pape qui bouscule tout le monde même à l’intérieur de l’Eglise et il faut s’en réjouir. N’oublions pas qu’il n’est pas là pour brosser les gens dans le sens du poil, mais il est là pour rappeler la lumière de l’Evangile aux hommes d’aujourd’hui. Et il le fait à merveille.
Il y a un grand nombre de chrétiens qui se satisfont largement en défendant des valeurs post chrétiennes (mais pas du tout l’Evangile) ; et le Pape les inquiète quand il secoue tout ce qui est installé depuis des siècles. Le christianisme ne consiste pas à défendre des valeurs mais nous, nous voulons faire découvrir la Personne de Jésus à tous les hommes et femmes, à tous les jeunes.
Le Pape me bouscule, nous bouscule. On sent bien que le synode sur la famille qui va s’ouvrir va probablement bousculer beaucoup de choses habituelles. J’ai toujours été frappé par la justesse de décisions du Saint Père. On sent qu’il y a une force de l’Esprit Saint qui lui montre le chemin. On vient par exemple d’apprendre que, à la Havane, le Président colombien était en tractations avec les FARC : voilà une implication de l’Eglise qui permet d’avancer et on ne peut que s’en réjouir.
Dans tous les domaines, le Pape bouscule, étonne. Laissons-nous bousculer, laissons-nous étonner !

Inauguration de la nouvelle maison diocésaine de Gap

Dans la Province à laquelle nous appartenons, quand il y a un événement important dans un diocèse, les évêques voisins viennent. Il y avait l’archevêque métropolitain de Marseille, l’archevêque de Digne et moi-même. Il s’agit d’un ancien couvent de religieuses qui était quasiment vide-il ne restait plus qu’une seule religieuse- ; mais sa congrégation avait décidé quelques années auparavant de donner ce lieu au diocèse, ce qui n’est pas toujours le cas : bien souvent les congrégations vendent leur bien purement et simplement. De plus, il y avait une riche Parisienne qui voulait donner tous ses biens au diocèse de Paris et qui, tout à coup, sûrement sous l’Esprit Saint, a découvert qu’il y avait des diocèses de province qui étaient beaucoup plus pauvres que le diocèse de Paris. Ainsi elle a décidé d’aider un certain nombre de diocèses dont le diocèse de Gap. Son legs a donc permis de réaliser le chantier de la maison diocésaine. Cela va servir à regrouper tous les services, avec en plus une belle médiathèque, et selon la volonté de Mgr Di Falco, que tous les Gapençais puissent traverser le centre diocésain et y circuler naturellement, comme quand on passe d’une rue à une autre, donc un lieu très ouvert.

Réfugiés

Quand les réfugiés arriveront dans le département de Vaucluse, ils auront déjà franchi 2 étapes :
1. Premier accueil ;
2. Travail pour préciser et accepter leur statut de réfugiés politiques - cela peut demander quelques mois ;
3. Ensuite, nous aurons à les accueillir sous la directive de la Préfecture et des services de l’Etat. Ce n’est pas une famille qui va décider d’accueillir une famille ou pas. Car une famille qui veut mettre à disposition un logement, passera nécessairement par un service habilité à signer des baux avec des réfugiés. On peut penser que des questions peuvent se poser après l’arrivée de familles (Combien de temps vont-ils rester, vont-ils occuper pendant 30 ans ce logement ?) Il y a donc ces sociétés habilitées à travailler avec l’Etat pour permettre la réalisation de baux très précis et de garantir aux propriétaires qu’ils retrouveront leur bien lorsque les gens seront pleinement intégrés dans la société, donc pour une durée de l’ordre à peu près de 18 mois à 24 mois. 

La paroisse, elle, aura à intervenir, car quand une famille va arriver à Gordes ou à Orange, il faudra que cette famille aille voir les services sociaux, les services de la Préfecture, prenne contact avec les écoles ; et là il faudrait vraiment qu’il y ait un accueil fraternel avec des bénévoles de nos paroisses. 

Journée de rentrée des prêtres arrivants et nouveaux curés

Chaque année, après avoir passé 3 ou 6 ans dans le diocèse, des prêtres regagnent leur Eglise d’origine. D’autres prêtres, religieux ou consacrés arrivent pour nous aider pendant un temps de 3, 6 ou 9 ans. Il est important que ces personnes arrivantes soient intégrées dans notre Eglise diocésaine et connaissent un peu les règles de vie dans la famille Eglise d’Avignon.
Donc, nous avons une journée pour les nouveaux arrivants. Il y a parfois des difficultés de langue, mais c’est important de pouvoir faire découvrir aux nouveaux arrivants le mode de vivre en notre Eglise.
De la même manière, pour les nouveaux curés, l’organisation de paroisse ailleurs et ici diffère ; idem pour la manière de vivre la mission de curé à l’étranger et ici. Pendant 2 jours, les nouveaux curés découvrent donc un peu toute l’organisation de notre Eglise diocésaine.