Il est vraiment ressuscité, il est vivant !

1er mai 2018

Bloc-Notes, mai 2018


Dès le matin du premier jour de la semaine, Jésus vivant est apparu à Marie-Madeleine et aux femmes. Le soir même, il rejoint et fait route avec les disciples d’Emmaüs puis il apparaît aux apôtres réunis dans le Cénacle. Pendant quarante jours, il apparaîtra aux apôtres et à de nombreux disciples, leur donnant la preuve de sa résurrection. Pendant quarante jours, il donne, dans la puissance de l’Esprit Saint, ses instructions aux disciples qu’il avait choisis. Enfin, il disparaît à leurs yeux après leur avoir dit de ne pas quitter Jérusalem avant d’avoir reçu une force, celle de l’Esprit Saint pour devenir des témoins de l’Évangile par toute la terre.

Aujourd’hui comme autrefois, beaucoup de gens ne cessent de nous dire à la manière de Thomas : « Moi, je n’ai jamais vu un mort sortir vivant de son tombeau, j’ai enterré mon père, ma mère, je ne les ai jamais revus ! Alors, si vous voulez que j’écoute vos discours donnez-moi un exemple de quelqu’un qui soit revenu de chez les morts, alors je vous écouterai ! » Et notre monde baigne dans une incrédulité pratique étonnante, même parmi les chrétiens.

Je voudrais donner la parole à un jeune gitan qui assistait à un dialogue entre un jeune prédicateur qui parlait de Jésus mort pour nous sur la Croix et sorti vivant du tombeau, et une vieille femme gitane qui au milieu de toutes les femmes de son clan l’a interpellé pour lui dire : « Arrête ! Si tu es incapable de témoigner de quelqu’un qui est vraiment sorti vivant de son tombeau et que tu as vu, alors tout ce que tu dis ce sont des sornettes ! » Se levant, elle commençait à partir avec toutes les autres femmes quand un jeune gitan a pris la parole : « J’ai deux caravanes, j’étais dans l’une avec ma femme, et notre bébé dormait dans l’autre caravane. Il y a eu un orage et la foudre est tombée brutalement sur la caravane où était l’enfant. J’étais tétanisé et avant de réagir, je suis tombé à genoux et j’ai dit à Dieu : “Si tu es vivant, sauve mon enfant !” Alors je suis sorti et je suis entré dans l’autre caravane en feu et mon bébé dormait paisiblement dans son landau, je l’ai pris dans mes bras et nous sommes sortis, je pleurais de joie. Oui, Dieu est vivant, j’en suis le témoin ! » Alors toutes les femmes se sont assises et le jeune prédicateur a continué de témoigner de Jésus vivant aujourd’hui dans nos vies.

Je voudrais donner la parole à un homme pauvre de Calcutta qui était venu trouver mère Teresa en lui disant que son enfant avait besoin de tel médicament pour être sauvé, mais qu’il n’avait pas l’argent pour l’acheter, il était en pleurs. Mère Teresa parle avec lui quand arrive un homme qui portait un grand panier rempli de médicaments non utilisés et qui les offre à la Mère Teresa. Celle-ci prend le panier et s’aperçoit qu’au-dessus du panier il y avait le médicament dont avait besoin le père en pleurs pour son enfant. Non seulement Dieu avait répondu à l’attente de ce père, mais il avait permis que le médicament en question se trouve juste au sommet du panier sans quoi personne n’aurait pensé qu’il pouvait se trouver là. Mère Teresa et les deux hommes se réjouissait de voir comment Dieu veille sur les besoins de ses enfants.

Je voudrais encore donner la parole à Mère Teresa elle-même. Un soir dans le couvent où elle se trouvait, il n’y avait plus de riz pour le repas du soir quand une femme sonne et lui dit : « Mère, je ne sais pourquoi en sortant de mon travail, j’ai senti que je devais acheter du riz et vous l’apporter, le voici. » Mère Teresa prend le sac et demande à la dame d’attendre un instant. Elle part peser le sac, il y avait exactement la quantité de riz dont la communauté avait besoin pour son repas du soir ! Elle est revenue en jubilant devant la délicatesse de Jésus qui veillait sur les besoins de ses enfants. La dame était de son côté bouleversée de voir comment Jésus s’était servi d’elle pour aller porter aux sœurs le riz pour le repas du soir.

Je pourrais continuer à multiplier les témoignages, je ne peux que vous inviter tous à ouvrir vos yeux pour découvrir la présence délicate de Jésus vivant qui ne cesse de nous rejoindre et de veiller sur tous nos besoins à sa manière divine. Pendant le temps pascal, n’ayez pas peur de le rejoindre dans l’eucharistie dominicale, un lieu où il se donne à nous pour nous rendre forts de sa propre vie divine ; n’ayez pas peur d’ouvrir votre Évangile et lisez les actes des apôtres, vous assisterez émerveillés à la manière dont l’Église est née et a grandi très vite. La puissance de l’Amour est immense !

+ Jean-Pierre Cattenoz, archevêque d’Avignon